JO 2016 : médaillé d’argent au marathon, l’Éthiopien Feyisa Lilesa dénonce la répression meurtrière dans son pays

Par Jeune Afrique

L'Étiopien Feyisa Lilesa, médaillé d'argent en marathon aux Jeux olympiques de Rio, le 21 août 2016. © Luca Bruno/AP/SIPA

Son geste restera comme l'un des moments forts des Jeux olympiques de Rio. Médaillé d'argent au marathon lors de la dernière journée des olympiades dimanche 21 août, l’Éthiopien Feyisa Lilesa a franchi la ligne d'arrivée les bras levés et croisés, en signe de soutien avec les victimes de la répression en Éthiopie.

Quelques instants après avoir franchi la ligne d’arrivée un peu plus d’une minute après le Kényan Eliud Kipchoge (vainqueur en 2 h 08 min 44 sec), le coureur Éthiopien a répété et expliqué son geste devant un parterre de journalistes lors de sa conférence de presse.

« Peut-être qu’ils vont me tuer »

« J’ai des proches en prison au pays. Si vous parlez de démocratie, ils vous tuent. Si je retourne en Éthiopie, peut-être qu’ils vont me tuer, ou me mettre en prison », a-t-il expliqué, rappelant la répression dont sont victimes les Oromos, la communauté la plus importante d’Éthiopie. « Depuis neuf mois, un millier de personnes ont été tuées », a-t-il encore souligné.

Après l’écho médiatique d’un tel geste, le médaillé olympique ne devrait pas renter en Éthiopie. « Je vais devoir m’installer dans un autre pays », a-t-il indiqué devant la presse, expliquant qu’il demanderait un visa pour s’installer au Kenya ou aux États-Unis.

Répression meurtrière 

Depuis des mois, les Oromos dénoncent les politiques du gouvernement d’Addis-Abeba. Inquiets de la féroce répression et des expropriations liées aux projets d’agrandissement de la capitale, de grandes manifestations ont été lancées depuis novembre 2015 dans toute la région de l’Oromia – la plus peuplée du pays et qui possède sa propre langue, l’oromo, différente de la langue officielle, l’amharique.

Une flambée de violences a tourné au bain de sang au début du mois d’août : lors de manifestations dans les régions Oromia (centre et ouest) et Amhara (nord), les forces de l’ordre ont violemment réprimé les mouvements, faisant plusieurs dizaines de morts. L’ONG Amnesty International fait état de 100 tués.

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