Nigeria : les Vengeurs du Delta du Niger annoncent un cessez-le-feu

Par AFP

Un message des autorités nigérianes appelle à la mobilisation contre la "vandalisation des pipelines", le 8 juin 2016 à Warri, dans le Delta du Niger. © Stefan Heunis/AFP

Les rebelles des Vengeurs du Delta du Niger (NDA) ont annoncé sur le site web qu'ils déposaient les armes et rentraient en négociation avec le gouvernement nigérian après huit mois de sabotages dans le sud pétrolifère du pays qui ont mis l'économie du Nigeria à genoux.

Dans un message posté samedi soir, les NDA disent vouloir discuter autour d’une table avec le gouvernement du Nigeria, des représentants des pays d’où sont issues les multinationales pétrolières et des membres de la communauté internationale neutres.

Des rumeurs de négociations entre Abuja et les rebelles du delta avaient émergé il y a plusieurs semaines, mais le groupe n’avait jamais reconnu officiellement être en pourparlers.

Les NDA s’engagent à observer une cessation des hostilités dans le delta du Niger contre tous les intérêts des multinationales pétrolières. En contrepartie, le parti au pouvoir doit arrêter les intimidations, invasions et les agressions contre les citoyens innocents, (…) notamment de la communauté Ijaw, peuple qui occupe les Etats du Delta et de Rivers.

A son arrivée au pouvoir l’an dernier, le président Muhammadu Buhari avait déclaré vouloir mettre fin au programme d’amnistie dont bénéficiaient des anciens membres de groupes armés du Delta (notamment du MEND), héritage de négociations avec le gouvernement précédent du président Goodluck Jonathan.

Depuis 2009, des sommes importantes sont versées aux ex-combattants et des contrats de formation sont attribués à ceux qui se sont engagés à déposer les armes.

Revendications fortement indépendantistes

Les NDA sont apparus en début d’année. Ils ont revendiqué la plupart des attaques perpétrées depuis contre la compagnie pétrolière nationale NNPC, ainsi que contre des sociétés étrangères comme Shell, Chevron et Eni.

Ils assurent ne vouloir faire aucune victime humaine mais mettent en avant des revendications fortement indépendantistes soutenues par les mouvements pour l’autonomie du Biafra, la région du delta, d’où le Nigeria tire la quasi-exclusivité de son pétrole et qui fut le théâtre d’une féroce guerre civile entre 1967 et 1970.

Cette semaine, le ministre nigérian du Pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu, a tiré la sonnette d’alarme, déclarant que 1.600 oléoducs ont été vandalisés depuis le mois de janvier.

La production de pétrole, qui compte pour 70% des revenus de l’Etat, a diminué de 21,5% par rapport au mois de janvier, selon les chiffres de l’Opep, entrainant le Nigeria dans une grave crise financière et énergétique.

A la suite de ces sabotages et de la chute des cours du brut, le pays a perdu sa place de première économie et de premier exportateur de pétrole d’Afrique.

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