Zambie : recours du principal opposant contre la réélection de Lungu

Par AFP

L'opposant zambien Hakainde Hichilema lors d'une réunion de campagne, le 10 août 2016 à Lusaka. © Dawood Salim/AFP

Le candidat malchanceux à la présidentielle zambienne, Hakainde Hichilema, a déposé vendredi devant la Cour constitutionnelle un recours contre la réélection la semaine dernière de son rival, le président sortant Edgar Lungu.

Dès mardi, le Parti uni pour le développement national (UPND) de M. Hichilema, qui a obtenu 47,6% des voix à la présidentielle du 11 août, avait annoncé qu’il allait contester les résultats.

L’opposant affirme que le vainqueur proclamé n’a pas obtenu le seuil nécessaire pour l’emporter. M. Lungu « n’a pas reçu plus de 50% du total des votes exprimés », comme l’exige la loi, dénonce M. Hichilema dans la requête qu’il a enregistrée vendredi.

« Nous demandons l’annulation de l’élection »

Avec 50,3% des suffrages et 100.000 voix d’avance, le chef du Front patriotique (PF) a obtenu de justesse la majorité absolue nécessaire pour éviter un second tour, selon les résultats officiels livrés par la Commission électorale.

« Ce que nous demandons, c’est l’annulation de l’élection », a expliqué Gilbert Phiri, l’avocat de M. Hichilema, jugeant que le vote a été truqué.

« Le registre électoral n’était pas crédible et le fait qu’il ne soit pas disponible avant l’élection compromet la transparence du processus électoral », peut-on lire dans le recours déposé à la Cour constitutionnelle.

Celle-ci a 14 jours pour se saisir de ce recours, et devrait statuer d’ici un mois.

A cause de ce recours, la prestation de serment du président Lungu, prévue mardi prochain, va devoir être retardée en attendant la décision de la Cour constitutionnelle.

M. Hichilema, un homme d’affaires à succès de 54 ans, en est à sa cinquième tentative de conquête de la présidence après avoir perdu de justesse (1,5%) contre M. Lungu l’an dernier.

Il s’agissait alors d’une élection anticipée pour désigner un dirigeant le temps d’achever le mandat du président Michel Sata, décédé de maladie en octobre 2014. A l’époque, Hakainde Hichilema avait aussi crié à la fraude électorale et contesté sans succès les résultats.

Si le scrutin du 11 août s’est déroulé dans le calme, la campagne avait été marquée par des violences inédites dans ce pays stable depuis son indépendance obtenue pacifiquement de la Grande-Bretagne en 1964.

Au moins trois personnes sont mortes au cours de plusieurs affrontements entre les supporters du Front Patriotique (PF) de M. Lungu et ceux de l’UPND.

Élu pour un mandat de cinq ans, Edgar Lungu va devoir affronter une situation économique délicate, la Zambie souffrant depuis quelques années de la chute des cours du cuivre dont elle est le deuxième producteur d’Afrique.

Près de 60% de la population du pays vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque Mondiale.

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