Nigeria : le journaliste Ahmad Salkida recherché par les autorités pour ses liens avec Boko Haram

Par Jeune Afrique avec AFP

Capture d'écran d'une vidéo de Boko Haram, rendue publique en octobre 2014. © AP/SIPA

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé ce vendredi 19 août l’armée nigériane à « cesser ses menaces » contre Ahmad Salkida, un blogueur connu pour être en contact avec les combattants du groupe jihadiste Boko Haram.

« L’armée nigériane doit cesser ses menaces », prévient le CPJ dans un communiqué, rappelant que « le journaliste indépendant (Ahmad Salkida) pouvait faire face à des poursuites judiciaires pour terrorisme s’il ne livrait pas les informations recueillies (…) auprès de Boko Haram ».

Interlocuteur privilégié

Le 14 août dernier, le porte-parole de l’armée, le colonel Sani Usman, avait lancé un appel de recherche contre Ahmad Salkida, ainsi que contre deux autres personnes accusées d’être en lien avec le groupe jihadiste nigérian, les invitant à se rendre aux autorités pour interrogatoire.

En effet, via son compte Twitter, Ahmad Salkida affirmait avoir reçu en « exclusivité » la dernière vidéo diffusée par Boko Haram, montrant les lycéennes de Chibok capturées il y a plus de deux ans.

« Cela est devenu nécessaire, étant donné leurs liens avec les deux dernières vidéos qui ont été diffusées par Boko Haram, et aussi d’autres éléments révélés par notre enquête préliminaire », avait déclaré il y a quelques jours le colonel Sani Usman.

Menaces de mort

Le blogueur est une figure importante dans le conflit contre les combattants islamistes. Il a notamment été au cœur de négociations avortées avec le gouvernement de l’ex-président Goodluck Jonathan.

Résident à Maiduguri, ville à l’extrême nord-est du pays et berceau de Boko Haram, il avait été le premier journaliste à obtenir une interview exclusive en 2006 avec le fondateur du mouvement, Mohammed Yusuf.

Depuis lors, il a toujours servi de vecteur d’informations fiables sur le groupe islamiste, éveillant les soupçons des autorités. Il vit désormais en exil aux Émirats arabes unis, d’où il tient un blog journalistique.

Le jour de l’annonce de sa recherche par l’armée, Ahmad Salkida a écrit sur son blog qu’il prendrait « un avion pour Abuja » et répondrait à l’invitation des autorités sans toutefois donner de date exacte, affirmant qu’il travaillait du côté du gouvernement pour « la libération » des otages.

Selon le communiqué du CPJ, Ahmad Salkida couvre le conflit depuis 2006 et « craint pour sa vie », recevant régulièrement de nombreuses menaces de mort.

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