JO 2016 : retour en infographies sur les performances africaines

Feu d'artifice lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Rio, le 6 août 2016. © Felipe Dana/AP/SIPA

Les Jeux olympiques se sont achevés dimanche à Rio. L’Afrique fait-elle mieux qu’il y a quatre ans, à Londres ? Jeune Afrique fait le point.

De belles surprises

Commençons par ceux qui n’avaient pas la faveur des pronostics, ce qui rend leurs performances d’autant plus belles. La lutteuse tunisienne Marwa Amri repart ainsi du Brésil avec une médaille de bronze en poche, tout comme Inès Boubakri et Oussama Oueslati. Avec trois médailles de bronze, la Tunisie sauve la face, tout en faisant moins bien qu’à Londres, suite aux déceptions de Oussama Mellouli et Habiba Ghribi (voir ci-dessous).

Mais c’est le taekwondo qui a réservé le plus de surprises. Le 19 août 2016 restera ainsi une journée historique pour le sport ivoirien. Les taekwondoïstes Ruth Gbagbi et Cheick Cissé ont décroché respectivement la première médaille féminine et la première médaille en or de la Côte d’Ivoire.

Enfin, la médaille d’argent historique du Nigérien Issoufou Alfaga Abdoulrazak en taekwondo, premier médaillé de son pays depuis 1972, restera également dans les mémoires. Premier athlète nigérien à participer aux JO sans avoir reçu une invitation du Comité internationale olympique (CIO), il n’était pourtant que 9e mondial dans sa catégorie de poids.

Le bilan chiffré : un record historique mais…

J.A. avait dénombré, de façon très optimiste, 87 médaillables africains pour ces Jeux olympiques. Le continent se sera arrêté à 45 médailles : 10 en or, 18 en argent et 17 en bronze. Mieux qu’il y a quatre ans, à Londres (34) ou qu’à Pékin en 2008 (40), en nombre de breloques, mais moins bien en nombre de titres olympiques (12 à Londres, 13 à Pékin).

Chad Le Clos, Oussama Mellouli ou Habiba Ghribi n’ont su rééditer leur performance de Londres et manquent donc à l’appel des champions olympiques (Chad Le Clos remportant tout de même l’argent en 200 mètres nage libre et en 100 mètres papillon). L’Afrique remporte même moins de médailles d’or qu’il y a 20 ans, à Atlanta (11).

Le Kenya toujours devant

Les trois principales nations olympiques africaines, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Éthiopie, ont tenu leur rang. Les Kényans sont ainsi à l’origine de près de 30% des médailles (mieux que les trois dernières éditions) et, surtout de six titres olympiques sur dix.

Moins flamboyants, la Côte d’Ivoire et le Niger se souviendront de leur côté d’une édition historique, tandis que le Maroc pourra nourrir des regrets, tout comme le Botswana de Nijel Amos, éliminé en série du 800 mètres.

Loin derrière les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine ou même la France, les Africains ont finalement brillé là où on les attendait. Rendez-vous désormais dans quatre ans, à Tokyo, au Japon. D’ici là (peut-être), Ezekiel Kemboi aura réellement pris sa retraite, de nouveaux sprinteurs ivoiriens auront émergé et les Lions indomptables se seront qualifiés en espérant remporter le tournoi de football vingt ans après leur dernier titre.

arrêté dès le premier tour.

Les confirmations

On les attendait et ils n’ont pas déçu. Le Kényan David Rudisha sur 800 mètres, le Sud-Africain Van Niekerk auteur d’un record du monde hallucinant sur 400 mètres, sa compatriote Caster Semenya sur 400 mètres, ou encore Almaz Ayana, championne du monde éthiopienne 2015 du 5 000 mètres, ont atteint leur objectif : l’or olympique.

David J. Phillip/AP/SIPA

Le Sud-Africain Van Niekerk célèbre son record du monde à Rio, le 15 août 2016. © David J. Phillip/AP/SIPA

Double vice-champion du monde du 3 000 mètres steeple, le Kényan Conseslus Kipruto espérait quant à lui enfin battre Ezequiel Kemboi sur la distance. C’est désormais chose faite.

En revanche, son compatriote Julius Yego a raté le titre. Il prouve toutefois, avec une médaille d’argent, qu’il faut toujours compter sur lui.

Les déceptions

Finissons par les couacs qui ont émaillé cette édition 2016, comme les deux quatrièmes places de l’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, l’élimination prématurée de sa compatriote Murielle Ahouré en athlétisme, ou encore le zéro pointé d’un des favoris du 800 mètres, le Botswanais Nijel Amos, pourtant médaillé d’argent lors des JO de Londres en 2012 et champion d’Afrique en titre.

Même désillusion du côté du Cameroun, dont le boxeur professionnel Hassan N’dam a été sorti dès le premier tour.

Les favoris tunisiens n’ont pas été à la fête non plus : Habiba Ghribi, a terminé seulement 12e du 3000 mètres steeple, tout comme son compatriote Oussama Mellouli pour le 10 kilomètres en eau libre.

Plus surprenant encore : la retraite annoncée puis avortée d’Ezekiel Kemboi, privé de médaille en 3000 mètres steeple, ou encore l’étonnante absence de titres de l’Éthiopienne Genzebe Dibaba.

Enfin, du côté des grands regrets de Rio, le Gabonais Anthony Obame, médaillé d’argent en 2012, n’aura pas trouvé l’or au bout de son chemin brésilien. Il s’est arrêté dès le premier tour.