Congo-Brazzaville : la demande de mise en liberté provisoire du général Mokoko rejetée

Jean-Marie Michel Mokoko à Brazzaville le 3 mars 2016. © DR

La chambre de mise en accusation de la Cour d'appel de Brazzaville a rejeté jeudi la demande de mise en liberté provisoire du général Jean-Michel Mokoko. La veille, le candidat malheureux de la dernière présidentielle, poursuivi pour atteinte à la sûreté de l'État, avait été de nouveau inculpé pour "incitation au trouble à l'ordre public".

« Nous attendons que le dispositif de cette décision nous soit délivré pour analyser l’argumentaire du rejet ce jour [18 août] de la demande de mise en liberté provisoire de notre client ». Contacté par Jeune Afrique, Me Éric-Yvon Ibouanga a ajouté que « pour l’instant, les conclusions qui [leur] sont parvenues indiquent que la requête a été jugée non fondée ».

Le principal conseil du général Mokoko a également signalé que c’est la deuxième fois que cette demande est rejetée. « Nous l’avions introduite d’abord devant le doyen des juges d’instruction le 17 juin. Mais celui a refusé d’accorder une libération conditionnelle à notre client. C’est pourquoi nous avons ensuite saisi en appel la chambre de mise en accusation », explique-t-il.

Poursuivi pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », le général Mokoko a été notifié mercredi d’une nouvelle inculpation, selon son avocat.

Nouvelle inculpation

« Il a été inculpé d’incitation au trouble à l’ordre public mais notre client rejette cette nouvelle charge puisque l’infraction n’est pas constituée et surtout son fondement, faisant référence à une loi régissant les partis politiques, est illégal », dénonce Me Ibouanga, rappelant que le candidat malheureux à la présidentielle du 20 mars « n’a jamais créé de parti ni dirigé une formation politique pour que cette législation lui soit appliquée ».

De son côté, Marc Mapingou Mipingou, porte-parole du général Mokoko en France, dénonce lui « l’acharnement » du pouvoir de Brazzaville sur « un homme qui a refusé d’accepter la forfaiture ». « Mokoko est devenu l’otage du président Denis Sassou Nguesso. Il y a aucune rationalité dans la procédure engagée contre lui car le problème dépasse le cadre du droit et de la politique : il est personnel », estime-t-il, soutenant que la candidature de Mokoko à la présidence a été vécue comme une « trahison » par DSN qui le considérait comme l’un de siens.