Tunisie : un parti islamiste radical suspendu menace l’État

Par Jeune Afrique avec AFP

Un membre du parti islamiste Hizb Ettahrir lors d'un rassemblement à Sidi Bouzid en décembre 2013. © Aimen Zine/AP/SIPA

Hizb Ettahrir, un parti islamiste radical tunisien, a dénoncé mercredi la suspension de ses activités pendant un mois par la justice, assurant qu'il ne se conformerait pas à une mesure dictée selon lui par l'étranger.

« Nous n’allons pas cesser » nos activités, a déclaré devant les médias Mohamed Nacer Chouikha, un responsable de cette formation. Cette conférence de presse convoquée sous le titre « l’attaque du local du parti et le gel de ses activités », s’est tenue mercredi 17 août suite à la décision du tribunal de première instance de Tunis, sur demande de l’État, de suspendre les activités du parti islamiste pendant trente jours à compter du 15 août. Une étape qui devrait précéder la dissolution du parti.

Le parti accuse et menace

« Nous travaillons au grand jour, dans les cafés et les places publiques, et ce depuis l’ère de Ben Ali et Bourguiba. Nous ne disparaissons pas sous terre et nous ne travaillons pas clandestinement », a ajouté Mohamed Nacer Chouikha, en référence aux répressions contre les islamistes sous les présidents Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali. Le gouvernement actuel est formé de « simples fonctionnaires chez les colonisateurs britannique et américain (…) qui ont déclaré la guerre à Hizb ut-Tahrir à travers le monde pour le dissoudre et l’empêcher de travailler », a-t-il encore accusé.

Lundi, Hizb Ettahrir avait dénoncé dans un communiqué la récente venue de policiers à son siège et le démontage de son emblème par les forces de l’ordre. Le parti, qui prône l’instauration du califat, a donné au gouvernement 30 jours pour revenir sur sa décision, sans dire quelles actions seraient entreprises dans le cas contraire.

« Infractions »

Les activités du parti ont été suspendues pour un mois en raison « d’infractions au décret de 2011 sur les associations », a indiqué mardi, sans davantage de précisions, le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis, Sofiène Sliti. En juin, le ministère de l’Intérieur avait déjà interdit le congrès annuel du parti « pour raisons de sécurité ». « Il est du droit du ministère de l’Intérieur, s’il voit qu’un événement est susceptible de perturber l’ordre public, de ne pas l’autoriser (…). Il s’agit d’un parti qui ne reconnaît pas le caractère civil de l’État », avait dit à l’AFP le ministre de l’Intérieur, Hédi Majdoub.

Créé au début des années 1980, le parti n’a été légalisé qu’en 2012, après la révolution tunisienne qui a mis fin à la dictature de Ben Ali. Sa légalisation par le gouvernement d’Ennahdha avait suscité la polémique dans le pays, et la présidence avait menacé à maintes reprises de dissoudre le parti par voie légale après l’attentat terroriste survenu en juin 2015 à Sousse.

 

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