RD Congo : au moins trois morts dans des violences à Beni

Par Jeune Afrique avec AFP

Des personnes déplacées à Beni après une attaque contre les civils, le 20 juin 2003. © Karel Prinsloo/AP/SIPA

De sources concordantes, trois personnes, dont un policier et une femme soupçonnée d'être milicienne ADF, ont été tuées mercredi à Beni, au dernier jour du deuil national en mémoire d'une cinquantaine de civils massacrés ce weekend près de cette ville du nord-est de la RDC.

Des manifestants en colère ont barricadé, le 17 août, plusieurs artères de la ville de Beni, scandant des slogans hostiles au gouvernement congolais, accusé de n’être pas en mesure d’arrêter les tueries dans cette partie de la RDC.

La police est intervenue pour disperser la foule en colère, en tirant gaz lacrymogènes et balles réelles. Lors de ces violents heurts, « un policier et un civil ont été tués, neuf personnes sont blessées dont six civils et trois militaires », a déclaré à la presse Edmond Masumbuko, le maire de Beni.

Selon le Dr Jérémie Muhindo, médecin de l’hôpital de Beni, le civil a été « [touché] par une balle qui est entrée par le dos sans sortir de son corps ». « [Le] jeune homme a été tué par un policier près de la rivière Kilokwa », a confirmé de son côté Gilbert Kambale, président de la société civile de Beni.

Quelques heures après cet incident, une femme soupçonnée d’être une milicienne ADF (Forces démocratiques alliées, un groupe rebelle ougandais soupçonné d’être auteurs des massacres dans la région) a été lynchée par la foule dans un quartier nord de Beni, non loin des lieux du massacre, a annoncé la mairie.

Selon des témoins, la victime a été tuée à coups de pierres et de bâtons et son corps a ensuite été brûlé.

Procès « de plus d’une centaine d’ADF » annoncé

Mercredi, en début de soirée, la tension restait vive à Beni, où des coups de feu sporadiques étaient entendus et des manifestants continuaient à bloquer des artères à l’aide de barricades.

De leur côté, les ministres de l’Intérieur et de la Défense, en visite à Beni, ont présenté à la presse cinq miliciens ADF présumés, affirmant qu’ils étaient de nationalité tanzanienne, kényane, sud-soudanaise, rwandaise et congolaise, sans toutefois préciser s’ils avaient été arrêtés dans la foulée du massacre du weekend.

Un haut magistrat militaire a annoncé par ailleurs l’ouverture samedi à Beni du procès « de plus d’une centaine d’ADF », sans plus de précisions.