Politique

Annonces de cessez-le-feu en Libye, le début d’une sortie de crise ?

Combattants de Fajr Libya près de la base militaire de Wetia, à 170 km de Tripoli, le 5 janvier. © Mahmud Turkia/AFP

Emboîtant le pas à la coalition de milices Fajr Libya, l'armée libyenne a annoncé dimanche 18 janvier un cessez-le-feu dans le pays. Objectif : donner une petite chance à des négociations de paix qui se déroulent en Suisse sous l'égide de l'ONU.

Y a-t-il véritablement un espoir de paix en Libye ? Pour "soutenir les négociations entamées à Genève" visant à mettre fin aux conflits qui déchire ce pays, l’armée libyenne a annoncé dimanche 18 janvier un cessez-le-feu, a expliqué le colonel Ahmed Mesmari, porte-parole de l’état-major libyen.

Ce cessez-le-feu "sur tous les fronts", devait entrer en vigueur dimanche à minuit heure locale. L’état-major libyen a toutefois souligné que cette trêve ne concernait pas les opérations menées "contre les terroristes", c’est-à-dire les groupes islamistes radicaux armés qui opèrent dans l’est et le sud du pays, ce qui devrait en limiter la portée.

L’annonce de l’armée libyenne intervient deux jours après que Fajr Libya ("Aube de la Libye"), la coalition de milices, notamment islamistes, qui s’est emparée de la capitale Tripoli l’été dernier, a annoncé un cessez-le-feu.

Vers un gouvernement d’union ?

Ces inititives interviennent alors que plusieurs acteurs du conflit ont participé la semaine dernière en Suisse à une réunion sous l’égide de l’ONU pour tenter de négocier la formation d’un gouvernement d’unité nationale, afin de sortir la Libye du chaos dans lequel elle s’est enfoncée depuis la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011.

Livré aux groupes armés qui défendent des intérêts souvent locaux, le pays est aujourd’hui dirigé par deux Parlements et deux gouvernements rivaux. L’un élu et reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tobrouk, près de la frontière égyptienne, l’autre dont le mandat est obsolète depuis février 2013 et proche des miliciens de Fajr Libya.

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À l’issue des réunions de négociations de Genève, l’ONU a annoncé vendredi 16 par communiqué que les participants étaient parvenus à un accord sur un calendrier en vue de former un gouvernement d’union.

Un accord qui "n’engage que l’ONU"

Une avancée assez relative, car l’annonce a été aussitôt critiquée par un conseiller ministériel du gouvernement de Tripoli cité par RFI, "ce communiqué est sans fondement, il n’engage que l’ONU", a-t-il dénoncé en  rappelant que ni le Parlement sortant – le Congrès général national (CGN ) basé à Tripoli –  ni les membres de Fajr Libya n’étaient présents lors de ces négociations.

À l’ouverture des réunions de Genève, l’analyste politique Mohamed al Ferjani avait lui aussi mis en garde estimant que "l’ONU n’avait pas choisi les bons acteurs" pour mener les négociations. "Les participants sont des politiciens et n’ont aucune influence ou présence sur le terrain", avait-il précisé à l’AFP.

Deuxième session de négociations la semaine prochaine

Une deuxième session de négociations est annoncée la semaine prochaine. Le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union européenne ont appelé ceux qui ont jusqu’ici boycotté les discussions à s’y joindre. Le CGN a déjà fait savoir qu’il ne s’y rendrait pas et qu’il souhaitait la tenue des négociations en Libye pour y participer.

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(Avec AFP)
 

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