JO 2016 : les athlètes kényans entrent en piste dans un climat de suspicion

Par Jeune Afrique avec AFP

Le stade olympique à Rio le 11 août 2016 à la veille du début des épreuves d'athlétisme. © AFP/FRANCK FIFE

Déjà dans le collimateur de l'agence mondiale antidopage, le Kenya débute ce vendredi avec difficulté les JO 2016 de Rio de Janeiro avec l'exclusion d'un des ses entraîneurs.

Après avoir longtemps craint une suspension de ses athlètes, le Kenya, qui a terminé en tête du tableau des médailles pour la première fois de son histoire l’an dernier aux Mondiaux de Pékin, participe bien aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro. Mais la mansuétude pourrait ne pas durer, au regard des trafics et de la facilité avec laquelle les produits dopants circulent dans le pays.

Le Kenya a été été placé sous surveillance par l’IAAF lors des derniers mois. Et le Comité internationale olympique (CIO) avait lui aussi choisi de braquer les projecteurs sur ce grand pays d’athlétisme. « Il y a des doutes sérieux sur la présomption d’innocence des athlètes russes et kényans », avait ainsi lâché Thomas Bach, président du CIO, en juin dernier, quelques jours après la confirmation de la suspension de la fédération russe d’athlétisme par l’IAAF.

Jeudi 11 août, une nouvelle affaire est venue alourdir le dossier. Le CIO a annoncé qu’un entraîneur a été exclu des JO 2016 de Rio et renvoyé au pays pour violation des règles antidopage.

Quand l’entraîneur se présente lui-même à un contrôle antidopage

« Nous prenons note de la décision du comité olympique kényan de renvoyer à la maison son entraîneur d’athlétisme à la suite de la violation des règles antidopage », a écrit le CIO dans un communiqué. « Nous remercions le comité olympique kényan de sa décision rapide. Le CIO a immédiatement mis sur pied une commission disciplinaire afin d’enquêter sur l’entraîneur et l’athlète concernés ».

Un nouveau pavé dans la mare, alors que les épreuves d’athlétisme, sport olympique numéro 1, débutent vendredi 12 août à Rio.

Selon le Daily Telegraph, l’entraîneur John Anzrah s’est présenté en lieu et en place d’un de ses athlètes à un contrôle antidopage. Il aurait même fourni un échantillon d’urine et signé des papiers au nom de son athlète avant que le subterfuge ne soit découvert lors de la comparaison des photos d’identités.

Le nom de l’athlète n’a pas encore été établi officiellement et il reste à savoir si celui-ci risque également d’être exclu des JO.

Simple méprise ?

Une autre version, évoquée dans certains médias citant des proches de l’athlète, parle d’une simple méprise. L’entraîneur aurait emprunté l’accréditation de son athlète pour pouvoir manger gratuitement au restaurant, avant de se rendre compte qu’il était en fait dans la file menant à des contrôles antidopage.

John Anzrah est le deuxième officiel de la délégation kényane à devoir plier bagage depuis le début des JO 2016. Michael Rotich, manageur de l’ensemble de l’athlétisme, a également dû rentrer au Kenya. Il est accusé d’avoir demandé de l’argent à des journalistes en contrepartie d’informations sur les contrôles antidopage qu’auraient eu à subir ses athlètes.