Nigeria : un nouveau groupe armé revendique l’explosion d’un oléoduc

Par Jeune Afrique avec AFP

Au Nigeria, sur le gisement offshore Bonga exploité par Shell, le 26 décembre 2011. © Sunday Alamba/AP/SIP

Les installations pétrolières sont désormais des cibles privilégiées. Preuve en est, un nouveau groupe armé a mis ses menaces à exécution en revendiquant dans la soirée de mercredi 10 août l'explosion d'un important oléoduc dans le sud du Nigeria.

« Comme preuve de notre sérieux, et pour montrer que nous sommes des hommes de parole (…), nous avons anéanti l’oléoduc d’Urhobo »(État du Delta) à 13h GMT mardi 9 août, a annoncé le Niger Delta Greenland Justice Mandate (NDGJM).

Pollution pour les riverains 

Un nouveau groupe armé, dont la création a été annoncée il y a à peine deux jours par la voix de son porte-parole, le général Aldo Agbalaja. Ce dernier avait menacé de s’attaquer aux installations pétrolières nigérianes dans les prochaines 48 heures.

L’oléoduc, traversant la localité d’Isoko, appartient à la compagnie nationale NPDC (Nigerian Petroleum Development Company). Une source au sein des forces de sécurité locale a confirmé qu’une attaque avait eu lieu. « Ils ont utilisé de la dynamite », a-t-il ajouté, soulignant que les communautés des alentours souffraient de la pollution engendrée par l’écoulement de brut.

Un groupe issu des Vengeurs du Delta 

Le NDGJM promet que cette attaque n’est qu’un petit aperçu des prochaines destructions à venir, demandant « à toutes les multinationales qui exploitent le pétrole au Nigeria d’évacuer leur personnel ».

Ce nouveau groupe armé rompt ainsi tout contact avec les Vengeurs du Delta, groupe né en début d’année et à l’origine de nombreuses attaques. Indépendantistes, ces groupes armés réclament la sécession de la région pétrolifère du Delta du Niger et refusent de reconnaître Muhammadu Buhari, musulman issu du nord, comme président. Leurs actes de sabotage ont entraîné une forte réduction de la production pétrolière, qui contribue à 70% des revenus de l’État nigérian, déjà en crise.