Soudan du Sud : après le refus de Djouba, le débat sur le déploiement de Casques bleus est relancé

Par Jeune Afrique avec AFP

À Djouba, plus de 30 000 civils ont trouvé refuge dans un camp de l'ONU, le 25 juillet 2016. © Jason Patinkin/AP/SIPA

Les diplomates du Conseil de sécurité de l'ONU ont révisé mercredi 10 août un projet de résolution sur le déploiement de 4 000 Casques bleus supplémentaires au Soudan du Sud après le rejet du texte initial par le gouvernement de Djouba.

Dans ses grandes lignes, le projet de résolution révisé prévoit que cette force régionale ne soit déployée que pour une mission de quatre mois, ait une « stratégie de sortie claire » et travaille avec le gouvernement.

Débats sur la souveraineté 

Ce dernier, par la voix de son porte-parole Michael Makuei, s’était opposé plus tôt mercredi au précédent texte proposé par les États-Unis, qui autorisait la force régionale à « utiliser tous les moyens nécessaires » pour assurer la sécurité à Juba et dissuader les attaques contre les bases de l’ONU. « Ce texte est très clair et transforme le Soudan du Sud en un protectorat, une situation que nous n’accepterons pas », avait assuré Michael Makuei.

Cette extension du mandat de la force régionale crispe également la Russie, la Chine, l’Égypte et l’Angola, qui y voient sans surprise une atteinte à la souveraineté nationale.

Un mandat jusqu’à la mi-décembre 

Au cours de leur réunion mercredi, les diplomates onusiens ont proposé que la force régionale soit « mise en place pour une période initiale allant jusqu’au 15 décembre 2016 ». Un mandat que le Conseil pourrait toutefois renouveler facilement.

Le texte maintient par ailleurs l’idée du plan initial selon laquelle la force régionale serait placée sous le commandement de la Minuss, force très critiquée pour ne pas avoir protégé des dizaines de milliers de civils réfugiés dans ses bases.

Le projet de résolution suggère enfin qu’un embargo sur les armes soit imposé au gouvernement si le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon signalait des « obstacles » au déploiement des troupes.

Des dizaines de milliers de morts

Des diplomates ont indiqué qu’un vote sur le projet de résolution, qui est toujours en cours de négociation, pourrait avoir lieu vendredi.

Vendredi, le secrétaire général de l’Igad avait assuré, à l’issue d’un sommet de l’organisation regroupant des pays d’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique, que le Soudan du Sud avait accepté le principe de l’envoi d’une force régionale sur son territoire. Mais les modalités du déploiement doivent encore être discutées.

Rien n’est encore acté : le président du Soudan du Sud Salva Kiir s’est toujours publiquement opposé à l’envoi de troupes étrangères supplémentaires dans son pays, estimant que les 12 000 hommes de la Minuss étaient bien assez nombreux.

En attendant, les combats meurtriers continuent entre les forces gouvernementales du président Kiir et les ex-rebelles du vice-président Riek Machar. Une guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et 2,5 millions de déplacés.

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