Soudan : les groupes rebelles d’accord pour entrer dans un processus de paix

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans un camp de déplacés internes au Darfour. © Albert Gonzalez/AP/Sipa/UNAMID

À Khartoum, les principaux groupes rebelles soudanais ont signé mardi une feuille de route sous l'égide de l'Union africaine, faisant avancer la médiation visant à mettre fin à des années de conflit dans les régions du Darfour, du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud.

Les négociations pour un processus de paix ont franchi une étape importante avec la signature d’une feuille de route par les principaux groupes rebelles du pays. Une décision saluée dans un communiqué par le parti du Congrès national du président Omar el-Béchir.

Ces dernières années, des soulèvements de minorité ethnique contre le régime du président ont fait des dizaines de milliers de tués et des millions de déplacés.

Un document qui ouvre la voie aux négociations pour la paix

En mars, des négociations à Addis-Abeba avaient mené à la signature d’une feuille de route par le gouvernement soudanais. En revanche, les groupes rebelles les plus importants, rejetant certaines propositions du document, avaient refusé de le signer.

Lundi, suite à plusieurs journées de négociations dans la capitale éthiopienne, ces groupes rebelles ont décidé de signer le document, après avoir reçu la garantie que les points sur lesquels ils avaient émis des réserves seraient abordés.

Le peuple soudanais attend avec impatience un processus de paix global

« La priorité est d’arrêter les guerres et de fournir de l’aide humanitaire aux gens affectés par les combats », a déclaré dans un communiqué l’Appel du Soudan, une alliance réunissant plusieurs groupes rebelles et des partis d’opposition. « Le peuple soudanais attend avec impatience un processus de paix global », a-t-il poursuivi.

Il est attendu de cette feuille de route qu’elle amorce le début des pourparlers pour un cessez-le-feu permanent, et qu’elle ouvre la voie à la recherche de moyens de fournir une aide humanitaire aux régions concernées.

« Ce qui est arrivée hier est une étape positive en vue d’une solution globale et pacifique à la crise au Soudan », a affirmé mardi à l’AFP Jibril Bilal, porte-parole du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), un des groupe rebelle signataires. « Nous allons maintenant débuter (à Addis Abeba) des négociations directes pour un cessez-le-feu au Darfour, au Kordofan-Sud et au Nil bleu », a-t-il indiqué.

Une décision saluée par l’UE 

L’Union européenne (UE) a salué la signature de cette feuille de route, déclarant dans un communiqué qu’elle considérait cet accord comme une étape décisive vers la fin des guerres au Soudan.

« Nous exhortons les signataires à ne plus perdre de temps pour se mettre d’accord sur une cessation des hostilités et (la mise en place) des modalités pour un accès humanitaire dans les trois régions », indique le communiqué.

Selon l’AFP, les États-Unis ont également approuvé la démarche.

Scepticisme du côté des analystes

Certains experts sont néanmoins moins optimistes quant à la signature de cette feuille de route.

Khalid Tijani, du journal arabophone Elaph, a indiqué à l’AFP qu’il ne s’agissait « pas d’un accord final, mais plutôt d’un cadre procédural sur la façon de poursuivre de futures négociations ». Et de poursuivre : « Je ne pense pas que ces négociations déboucheront sur une solution à la crise au Soudan dans la mesure où, tenues sous la pression internationale, elles ne s’attaquent pas à la racine des problèmes. »

Les rebelles combattant au Darfour (ouest), Kordofan-Sud et Nil Bleu (sud) accusent le régime de Khartoum, principalement constitué d’Arabes, de les délaisser sur les plans économique et politique.

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