Politique

Tchad : Saleh Kebzabo interrogé comme témoin dans l’affaire des militaires disparus

Saleh Kebzabo et son épouse au sortir d’un bureau de vote de N’Djamena, le 10 avril. © Issouf Sanogo/AFP

Le chef de file de l'opposition tchadienne, Saleh Kebzabo, a été entendu mardi 9 août comme "témoin" par la police judiciaire dans le cadre de la disparition présumée d'une vingtaine de militaires après la présidentielle d'avril, a-t-on appris de source judiciaire.

« À la demande du procureur général, nous avons entendu Monsieur Kebzabo comme témoin sur l’affaire des présumés militaires disparus au lendemain de l’élection présidentielle du 10 avril », a déclaré à l’AFP une source judiciaire. L’audition a duré deux heures, a précisé cette source.

Disparition d’«au moins 20 militaires »

Cette audition survient au lendemain de la cérémonie d’investiture du président Idriss Déby Itno, dans un climat tendu après la mort dimanche d’un manifestant à N’Djamena lors d’une marche d’opposants contre sa réélection.

Fin avril, l’opposition avait dénoncé la disparition de militaires qui auraient refusé de voter pour le président Déby, candidat à un cinquième mandat, et dont certains auraient été « arrêtés et emprisonnés ».

Un enquête sur la disparition d’«au moins 20 militaires » a été ouverte mi-mai par le parquet de N’Djamena. Plusieurs ONG et la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) avaient demandé aux autorités de faire « toute la lumière » sur cette mystérieuse affaire. Certains médias nationaux faisaient alors état de 40 à 60 membres des forces de défense et de sécurité portés disparus.

Saleh Kebzabo et Gali Ngothé Gatta avaient lancé les accusations 

La semaine dernière, l’Assemblée nationale a autorisé la levée de l’immunité parlementaire de Saleh Kebzabo et Gali Ngothé Gatta, tous deux députés d’opposition à l’origine des premières accusations et candidats défaits à la dernière présidentielle, afin qu’ils puissent être entendus.

« Je suis ainsi la première proie du quinquennat. Je me serai bien passé de ce triste record ! », a réagi Saleh  Kebzabo en recevant lundi sa convocation judiciaire, accusant à demi-mot le pouvoir de nouvelles intimidations après la répression des manifestations du week-end.

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