RD Congo : Katumbi dénonce le « plan anticonstitutionnel » du camp Kabila

L'opposant congolais Moïse Katumbi, le 5 juillet 2016 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

L'opposant Moïse Katumbi a réagi mardi aux dernières déclarations du président congolais, Joseph Kabila, accusant une nouvelle fois ce dernier et la Majorité présidentielle (MP) de "tout faire pour se maintenir au pouvoir", notamment en préparant un nouveau calendrier électoral.

« Le plan anticonstitutionnel de la majorité ne passera pas ». Dans un tweet accompagnant sa réplique aux récents propos du président Joseph Kabila, Moïse Katumbi a dénoncé, mardi 9 août, la stratégie du chef de l’État congolais.

Une prise de position qui intervient en effet cinq jours après la conférence de presse du chef de l’État congolais à Kasese, en Ouganda, au cours de laquelle Joseph Kabila a fait savoir qu’un nouveau calendrier électoral sera publié après la révision du fichier électoral démarrée fin juillet.

Un processus qui « va probablement se terminer après le mois d’août 2017 », a complété lundi Corneille Nangaa, le président de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni).

Kabila cherche à organiser un dialogue politique factice.

Les trois étapes du plan Kabila selon Katumbi

« L’objectif de nos dirigeants est donc clair : tout faire pour se maintenir au pouvoir », accuse l’ex-gouverneur de la province minière du Katanga, aujourd’hui démembrée. À l’en croire, pour pouvoir rester en fonction au-delà de son second et dernier mandat constitutionnel (le 19 décembre), le président Kabila cherche à « organiser un dialogue politique factice avec quelques complices de tous bords, afin de déboucher sur un gouvernement de transition illégitime au service de leurs ambitions totalitaires ».

La deuxième étape de ce plan d’action, selon Katumbi, consistera à « annoncer un calendrier électoral qui privilégie d’abord les élections locales et provinciales, avant les législatives ». « Cela permettra, poursuit l’opposant, de retarder au maximum l’élection présidentielle (…) ». Avant de « faire voter un changement de la Constitution ».

« Ce plan constitue un crime de haute trahison », prévient Moïse Katumbi, qui appelle le peuple congolais et la communauté internationale à s’opposer à « l’installation de la dictature » en RD Congo et à ne « plus reconnaître le régime en place » après le 19 décembre.