Total décroche trois licences de production en Ouganda

Par Jeune Afrique

Terminal de Total à Djéno, au Congo-Brazzaville. © Antonin Borgeaud pour JA

Une décision annoncée par la présidence mercredi. En avril déjà, Kampala avait choisi de faire transiter sa future production de pétrole brut par un oléoduc traversant la Tanzanie, option préférée par Total, écartant ainsi un projet concurrent porté par le Kenya.

Les portes de la production de pétrole brut s’ouvrent encore un peu plus pour Total en Ouganda. Le groupe pétrolier français, qui est présent dans l’exploration d’importantes réserves pétrolières mises à jour sur les rives du lac Albert (ouest) en 2006, s’est vu délivrer trois licences de production. Les premières octroyées au groupe français en Ouganda pour des blocs pétroliers dont il est l’opérateur.

Dans un communiqué diffusé le mercredi 03 août, le cabinet de la présidence de l’Ouganda a autorisé la délivrance de trois licences de production à Total E&P Uganda B.V, filiale à 100 % du groupe pétrolier français, en charge de ses opérations dans le pays africain, immatriculée aux Pays-Bas.

Ces trois licences de production concernent trois sites Ngiri, Jobi-Rii et Gunya, situés sur le bloc Lake Albert Exploration Areas 1 (EA-1), détenu à 33,33 % et opéré par Total. Le reliquat des droits du bloc revient au britannique Tullow et au chinois CNOOC.

Des licences de 25 ans

Les licences de production accordées par Kampala ont une durée de 25 ans et peuvent être renouvelées pour cinq années supplémentaires. « Il est prévu que la décision d’investissement finale sera prise dans un délai de 18 mois [après l’émission des licences de production] », indique le cabinet de la présidence ougandaise, précisant que « la première production de pétrole est attendue au cours de l’exercice financier 2019 – 2020 ».

Dans son rapport annuel 2015, Total rappelle être également l’opérateur du bloc d’exploration Lake Albert Exploration Areas (EA-1A Lyec), dont il détient 33,33 %.

Le groupe français détient également des participations dans d’autres champs EA-2 (33,33 %) et surtout EA-3.

Ce dernier bloc, dans lequel Total détient 28,33 % des droits, est opéré par le chinois CNOOC, à qui une licence de production a été accordée en 2013.

Un pipeline par la Tanzanie

Les nouvelles licences de production en faveur de Total, annoncées mercredi, interviennent quatre mois après que Kampala a choisi de faire transiter sa future production de pétrole brut par un oléoduc traversant la Tanzanie, écartant ainsi un projet concurrent porté par le Kenya.

Ce qui donnait droit à l’option préférée par Total, contre la piste kényane qui avait les faveurs de Tullow.

Alors que le britannique privilégiait un itinéraire passant par le nord du Kenya, Total ne voulait pas en entendre parler, jugeant la desserte portuaire difficile et les conditions de sécurité insatisfaisantes.