Téléphonie mobile : le nombre d’abonnés africains en hausse de 70 % depuis 2010

Télécoms et Smartphones à Dakar, 29 mai 2015. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Le marché africain, deuxième au monde en termes d'usagers, est le moins bien couvert avec moins de la moitié de la population abonnée à un service mobile. Extension des réseaux en zones rurales, coûts d'accès au service, développement d'offres adaptées aux enjeux locaux figurent parmi les freins signalés par le groupement mondial des opérateurs, GSMA, dans un rapport présenté en Tanzanie fin juillet.

Environ 46 % des 1,17 milliard d’Africains avaient souscrit à des offres de téléphonie mobile à la fin de l’année 2015, soit 557 millions d’abonnés uniques, selon des chiffres présentés par le réseau mondial des opérateurs de téléphonie mobile, GSMA, à Dar-es-Salam du 26 au 28 juillet.

Ce qui constitue un bond de +70,34 % par rapport aux 327 millions d’abonnés uniques de 2010 (31 % des 1,04 milliard d’Africains) alors recensés par le même groupement professionnel. Un chiffre qui va croître encore, pour atteindre 725 millions d’abonnés uniques à échéance 2020, et ce principalement au Nigeria, en Éthiopie, en Égypte, au Kenya, en Tanzanie, en République démocratique du Congo (RDC) et en Algérie.

En nombre de cartes de SIM en circulation, les comptes du marché africain mobile sont encore plus élevés. Les usagers africains, qui possèdent souvent plusieurs cartes, cumulaient 965 millions de SIM à la fin 2015. Ce nombre atteindra 1,3 milliard fin 2020.

L’essor du haut débit

Si les offres 2G continuent de se tailler la part du lion, GSMA table sur une forte croissance des connexions en haut débit mobile, jusqu’à 60 % des offres totales en circulation en 2020 contre un quart en 2015. Au crédit de cette projection, GSMA met en avant les réseaux mobiles 4G dont le couverture a grimpé en flèche. La moitié des 74 réseaux 4G en activité sur le continent ont été lancés depuis moins de deux ans.

Une offre en haut débit mobile croissante qui encourage les acquisitions de smartphone, dont le taux de couverture demeure modeste à 23 % des connexions (226 millions de cartes SIM utilisées via des smartphones fin 2015, ce qui ne reflète pas le nombre d’appareils achetés ou livrés).

Mais les appareils low cost gagnent des parts de marché, aidés en cela par des prix de vente cassés, à 160 dollars en moyenne fin 2015, contre 230 dollars en 2012. GSMA table sur 720 millions de connexions par smartphone (sur 1,3 milliard de cartes SIM en circulation) en 2020.

Plus faible couverture au monde

Autant d’indicateurs qui font de l’Afrique le deuxième plus grand marché des technologies mobiles au monde, derrière la zone Asie-Pacifique, avec 12 % des abonnés uniques mondiaux. Mais, paradoxalement, l’Afrique demeure la moins bien couverte par les réseaux mobiles puisque moins de la moitié de la population est abonnée à l’un de ces services.

Des déserts ruraux

Une couverture relativement faible qui se joue notamment dans les campagnes, sur un continent encore majoritairement rural, là où les réseaux sont encore les plus lacunaires, note le rapport.

Mais ce n’est pas tout, selon un sondage conduit auprès de plusieurs milliers d’usagers dans une dizaine de pays africains, le manque d’aisance avec l’environnement numérique en général (à commencer par l’alphabétisation) ou le manque d’applications adaptées aux problématiques locales (éducation, agriculture… ) disponibles dans les langues du pays sont aussi des freins.

Sans parler des coûts, qui sont également signalés par les clients interrogés.

Sur ce sujet, GSMA met en cause le poids des taxes sur le développement des services mobiles. Et de signaler que l’abolition d’une taxe de 10 % en République démocratique du Congo (RDC) permettrait aux opérateurs de glaner de nouveaux usagers, de générer davantage de chiffre d’affaires et de s’acquitter de plus d’impôts sur les sociétés. Mêmes raisonnements et preuves à l’appui au Ghana, en Tanzanie ou en Tunisie…

GSMA table en effet sur un tassement des marges financières des opérateurs, qui évolueront dans des marchés plus concurrentielles, avec des capacités d’investissement dans les réseaux contraintes. Si les opérateurs pouvaient afficher des taux d’Ebitda moyens supérieurs à 40 % en 2010, ils se rapprocheront des 30 % en 2020, prognostique le rapport du GSMA qui voit la croissance de leurs revenus se ralentir. Ceux-ci se sont tout de même établis à 153 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulé en 2015, et pourraient atteindre 210 milliards de dollars à échéance 2020.

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