Burundi : RSF réclame la « libération immédiate » du journaliste Jean Bigirimana

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers burundais surveillent un rassemblement en hommage à Emmanuel Ndere Yimana, un opposant assassiné le 21 juillet 2015, à Bujumbura. © Jerome Delay/AP/SIPA

Reporters sans frontières (RSF) a demandé lundi la "libération immédiate" du journaliste burundais Jean Bigirimana, qui serait détenu, selon l'organisation, par le Service national de renseignement (SNR) depuis vendredi.

Selon RSF, Jean Bigirimana, collaborateur notamment du journal indépendant Iwacu, est détenu depuis vendredi 22 juillet par le Service national de renseignement (SNR), dépendant directement du président burundais Pierre Nkurunziza, dans la province de Muramvya (Centre).

Le renseignement burundais lui reprocherait ses déplacements fréquents vers le Rwanda, voisin avec lequel le Burundi entretient des relations houleuses, rapporte l’organisation de défense de la liberté de la presse.

Le journaliste revenait d’une formation en journalisme dispensée au Rwanda, affirme RSF, qui regrette qu’aucune raison légale à son arrestation n’ait été donnée.

« Arrestation arbitraire » 

« Ces méthodes d’arrestation arbitraire en vue d’intimider les hommes des médias participent à entretenir l’état de crise dans le pays et à miner l’État de droit », a déploré RSF en demandant la « libération immédiate » du journaliste.

Le Burundi figure en 2016 à la 156e place (sur 180) au classement de la liberté de la presse dans le monde établi par RSF. Depuis la crise déclenchée par l’annonce en avril 2015 de la candidature du président Nkurunziza pour un troisième mandat, qu’il a obtenu en juillet, la quasi-totalité de la presse indépendante burundaise a été réduite au silence. Craignant la répression, une centaine de journalistes ont fui le pays.