Égypte: une manifestante tuée à la veille de l’anniversaire de la révolution de 2011

Par Jeune Afrique

Un homme est arrêté pendant la manifestation du 24 janvier 2015. © Mohamed El-Raay/AFP

Une manifestante a été tuée samedi soir au Caire lors de heurts avec la police durant une rare manifestation d'un mouvement de gauche, a indiqué un responsable à la veille du quatrième anniversaire de la révolution de 2011.

Selon un porte-parole du ministère de la Santé, la manifestante, Shaïmaa al-Sabbagh, 34 ans, mère d’un enfant de 5 ans, est morte après avoir été blessée par des tirs de chevrotine, le 24 janvier au soir.

Selon les manifestants du parti de l’Alliance populaire socialiste, elle a été touchée par des tirs de la police, qui dispersait la manifestation. Mais un responsable du ministère de l’Intérieur, Abdelfattah Osman, a démenti samedi soir que la police ait utilisé des balles réelles pour disperser les manifestants. "Aucune arme qu’il s’agisse de fusils à chevrotines ou à balles de caoutchouc n’a été utilisée. Il s’agissait d’une petite manifestation qui ne nécessitait pas le recours à de telles armes. Il n’y a eu que deux tirs de gaz lacrymogènes" a-t-il précisé à l’AFP.

De son côté, le Premier ministre, Ibrahim Mahlab, a déclaré qu’une enquête sur la mort de Shaïmaa al-Sabbagh a été ouverte et que "qui que ce soit ayant commis une erreur sera puni".

Célébrer l’anniversaire de la révolution

"L’Alliance populaire socialiste  a décidé d’organiser une manifestation symbolique pour commémorer l’anniversaire de la révolution du 25 janvier" 2011, avait indiqué à l’AFP un membre de la formation, Adel el-Meliguy.

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"La police a tiré des gaz lacrymogènes et des tirs de chevrotine et a arrêté le secrétaire-général du parti, et cinq jeunes membres", a-t-il ajouté.

Les partisans de Mohamed Morsi restent la cible principale de la répression des autorités. Depuis son éviction, soldats et policiers ont tué plus de 1 400 manifestants islamistes et plus de 15 000 personnes ont été arrêtées. Mais des dizaines de militants laïcs et de gauche ont également été emprisonnés pour avoir enfreint une loi controversée limitant le droit de manifester.

Les pro-Morsi ont appelé à manifester dimanche pour relancer "la révolution" qui a mené à la chute d’Hosni Moubarak. La police a averti qu’elle n’hésiterait pas à user de fermeté pour disperser les rassemblements.

(Avec AFP)