Burkina : contre-expertise ADN en cours dans le dossier Sankara

Par Jeune Afrique avec AFP

Thomas Sankara, ex-président du Burkina Faso, le 7 février 1986 à Paris. © Pascal George/AFP

Des prélèvements sur les restes présumés de l'ancien président burkinabé Thomas Sankara et douze de ses compagnons, tués en 1987 lors d'un coup d'Etat, ont été envoyés vendredi à Santiago en Espagne pour une deuxième expertise, a indiqué la justice militaire qui enquête sur sa mort.

« Les prélèvements ont été faits sur le reste des dépouilles la semaine dernière et ces prélèvements sont partis ce matin-même en Espagne pour une deuxième expertise, une contre-expertise », a déclaré, vendredi 22 juillet, le commissaire du gouvernement  au parquet militaire, le commandant Alioune Zanré, lors d’une conférence de presse.

Selon une source proche du dossier contactée par Jeune Afrique, les résultats pourraient en principe être disponibles fin août.

Les corps présumés de l’ancien président Sankara et de ses 12 compagnons tués avec lui le 15 octobre 1987 ont été exhumés fin mai 2015 afin de déterminer avec certitude l’identité des victimes et de lever le voile sur les circonstances de leur mort.

Les premiers résultats de ces tests, réalisés en France, indiquaient que les ADN n’étaient pas détectables et ne permettaient pas d’identifier à coup sûr les victimes. Mais la famille Sankara avait contesté les résultats, obligeant le juge à ordonner une contre-expertise, fin juin, après avoir requis l’avis des autres familles concernées. Cette contre expertise ADN qui s’étend désormais à l’ensemble des familles devraient donc permettre au parquet militaire de Ouagadougou d’étoffer le dossier afin d’éviter un vice de procédure.

Déroulement de l’enquête

Treize personnes sont inculpées dans l’assassinat de Thomas Sankara pour assassinat, recel de cadavre, complicité de ces infractions ou de faux en écriture publique ou authentique dont le médecin-colonel Alidou Guébré, signataire du certificat de décès du « père de la révolution burkinabé » attestant que ce dernier était mort de « mort naturelle ».

Le président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir fin octobre 2014 par une insurrection populaire, et exilé en Côte d’Ivoire, a été inculpé de complicité d’attentat, d’assassinat et complicité de recel de cadavre. Il est visé par un mandat d’arrêt, tout comme l’ex-adjudant-chef et ex-député Hyacinthe Kafando contre qui un avis de recherche a été lancé. Ancien garde du corps, de l’ex président Blaise Compaoré, ce dernier est souvent présenté comme le chef du commando de la garde présidentielle qui a abattu le capitaine Thomas Sankara.

Treize parties civiles ont également été entendues par le juge d’instruction militaire qui instruit le dossier ainsi que 52 témoins, a indiqué le commandant Alioune Zanré.

Le dossier de l’assassinat du capitaine Sankara, tabou sous le régime Compaoré, a connu une accélération sous le gouvernement de transition qui a ordonné fin mars 2015 l’ouverture d’une enquête judiciaire.

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