Ce qu’il faut savoir d’Edgar Lungu, le nouveau président zambien

Par Jeune Afrique

Edgar Lungu (g.), le 19 janvier, lors de son dernier meeting de campagne © Gianluigi Guercia/AFP

Edgar Lungu a remporté ce week-end l’élection présidentielle zambienne avec une courte majorité, lors d'un scrutin qualifié de "simulacre" par l’opposition. 

Un mandat de 20 mois

Edgar Lungu, 58 ans, candidat du Front patriotique au pouvoir, est arrivé premier d’une courte tête avec 48,33% des voix. Il a devancé Hakainde Hichilema, candidat du Parti de l’unité pour le développement national (46,67%).

Le scrutin a duré trois jours la semaine dernière, en raison du mauvais temps qui a empêché les électeurs d’accéder aux bureaux de vote. Hakainde Hichilema, un homme d’affaires de 52 ans qui briguait la présidence pour la quatrième fois, a accusé Edgar Lungu de lui avoir volé sa victoire. Ce qui n’a pas empêché la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, de féliciter la Zambie pour avoir "organisé des élections exemplaires, réussies et dans le calme".

Sixième président de la Zambie depuis son indépendance en 1964, Edgar Lungu dirigera le pays jusqu’en septembre 2016. Une date qui correspond à la fin du mandat de cinq ans que n’a pas achevé Michael Sata, l’ancien chef de l’Etat, décédé en octobre.

Contesté par Guy Scott

Ex-ministre de la Défense et la Justice, Edgar Lungu est sorti vainqueur d’une rude lutte interne au sein du Front Patriotique, pour s’imposer comme le candidat du parti.

Contesté notamment par le vice-président sortant Guy Scott, qui assurait l’intérim depuis le décès du président Michael Sata en octobre (mais qui n’avait pas le droit de se présenter, ses parents n’étant pas d’origine zambienne), Edgar Lungu a habilement mais fermement manœuvré pour devenir le candidat de sa formation.

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La continuité de Michael Sata

Je suis "un Zambien ordinaire d’origine modeste", dit de lui-même le nouveau président. Cet ancien avocat âgé de 58 ans, marié et déjà grand-père, a fait campagne en se plaçant dans la continuité de Michael Sata, qui avait l’appui d’une grande partie de la jeunesse et des ouvriers.

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"Nous devons poursuivre dans la lignée du président Sata et je promets au peuple de Zambie qu’il aura une nouvelleConstitution", a assuré le chef d’État en prêtant serment dimanche 25 janvier. L’élaboration d’une nouvelle loi fondamentale était l’un des engagements de Michael Sata lors de son arrivée au pouvoir en 2011, mais ce projet a subi toute une série de retards. "Pour sûr, nous aurons bientôt une Constitution soucieuse du peuple", a promis le nouveau président, tout en faisant de la "réduction de la pauvreté" sa grande priorité.

Sur les questions de société, il s’est montré très conservateur, comme la société zambienne dans son ensemble, notamment en matière de droit des homosexuels: "Que ceux qui défendent les droits des gays aillent au Diable", avait-il lancé en 2013 à l’occasion du procès de deux homosexuels en Zambie.

Le nouveau président, qui appartient au groupe ethnique Nsenga, minoritaire en Zambie, a également voulu rassurer ses compatriotes quant aux craintes d’affrontements entre ethnies. "Le tribalisme est une menace à notre sécurité nationale et à la paix", a-t-il affirmé. Nous avons besoin de fixer un cap à notre pays et nous le fixerons ensemble".

(Avec AFP)