Attentat de Nice : ce que l’on sait des victimes africaines

Par Jeune Afrique avec AFP

Mémorial en hommage aux victimes de Nice le 18 juillet 2016. © Claude Paris/AP/SIPA

Cinq jours après la tuerie perpétrée par Mohamed Lahouaiej Bouhlel dans la soirée du 14 juillet, l'identité des victimes se précise. Parmi les 84 personnes ayant trouvé la mort, on compte au moins treize Maghrébins, dont trois enfants.

Le nombre de victimes africaines mortes dans la tuerie de Nice, qui a fait 84 morts et plus de 300 blessés n’est encore que provisoire. Parmi ces hommes et ces femmes, on compte quatre Tunisiens, autant de Marocains et cinq Algériens.

Ajoutant à l’absurdité de son acte, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a tué en tout 30 personnes de confession musulmane, soit une victime sur trois, rapporte le journal La Croix, qui a obtenu ce chiffre auprès d’Otmane Aïssaoui, le recteur de la Grande Mosquée de Nice.

 

Tunisie

Olfa Bent Souayah Khalfallah, jeune Tunisienne née en 1985, installée à Lyon. Selon le ministère tunisien des Affaires étrangères, elle se trouvait avec son fils de quatre ans, Killian, sur la promenade des Anglais au moment de l’attentat. Le décès du petit garçon a été confirmé samedi à son père Tahar, qui le recherchait activement depuis la nuit du drame. « Il était vif. C’était une petite bouille toujours en train de rigoler. Il savait ce qu’il voulait. C’était un gamin joyeux, capricieux aussi », a confié Patricia Patapate, une amie, à Nice-Matin.

– Bilal Labaoui, 29 ans, Tunisien, installé à Nice. Selon le ministère des Affaires étrangères tunisien, qui a annoncé son décès sur Facebook, il était originaire de la ville de Kasserine, dans le centre-ouest du pays. D’après Le Monde, il se trouvait en compagnie de son grand frère Walid lorsque le camion a surgi. Son frère, indemne, a veillé son corps toute la nuit. « C’était un jeune très gentil, généreux », a confié à France Info son cousin, décrivant une personne « passionnée de football » et « qui aimait faire la fête ».

Mohamed Toukabri, quinquagénaire tunisien. Originaire de Béja (nord du pays), il travaillait comme mécanicien à Nice, selon le ministère tunisien des Affaires étrangères.

Les corps des trois premières victime seront rapatriés ce mardi, a indiqué le consul général de Tunisie à Nice, Hamed Ben Brahim.

Algérie

Zahia Rahmouni, 70 ans, retraitée algérienne. Originaire de Constantine (est), elle était en visite à Nice chez sa fille, selon les autorités algériennes. Sa fille et son petit-fils, présents aux côtés de la septuagénaire pour le feu d’artifice, ont échappé de peu à la mort, selon des médias algériens : quelques secondes avant le passage du camion, le petit garçon aurait en effet échappé à la vigilance de sa mère, qui aurait couru pour le rattraper, s’éloignant ainsi du lieu de l’accident.

Myriam Bellazouz, 30 ans, avocate algérienne née à Nice. Portée disparue après l’attentat, sa mort a été confirmée par le ministère des Affaires étrangères algérien. Selon les informations recueillies par l’agence de presse algérienne auprès du cabinet du maire de Nice, le corps de la défunte « a été formellement identifié. Sa famille à Alger a été informée et ses obsèques devraient avoir lieu à Nice », a précisé le porte-parole. « Elle plaidait chacun de ses dossiers avec talent et avec passion. Elle avait toujours le sourire et jamais je ne l’ai vue s’emporter avec un confrère, sauf à la barre, lorsque les intérêts de son client étaient en jeu », a témoigné le bâtonnier de Nice Jacques Randon. La jeune femme a été tuée avec sa mère Léa Mignaçabal, 68 ans.

Aldjia Bouilface, épouse Bouzaouit, 42 ans, originaire de Ouled Belkheir (Sétif) était mère de quatre enfants, a indiqué le ministère des Affaires étrangères algérien. Elle était venue assister au feu d’artifice avec ses proches. « Elle voulait prendre une glace sur la Promenade », a précisé à Nice-Matin sa sœur Celoua, 28 ans.

Yanis et Léana, âgés de 7 ans ont été tués avec leur grand-mère Laurence Sahraoui (née Tavet), 49 ans. Ils venaient lui rendre visite pour les vacances. Cette Française mariée à un Algérien était employée de cuisine scolaire. Elle avait, selon Le Parisien, rencontré son mari alors qu’il travaillait dans un piano-bar de la promenade des Anglais, où elle a été tuée. Elle s’était convertie à l’islam pour l’épouser.

Maroc

Fatima Charrihi, Marocaine de 62 ans, mère au foyer de huit enfants (dont une fille morte de la varicelle à l’âge de trois ans, selon Nice Matin). Elle était arrivée à Nice à l’âge de vingt ans pour rejoindre son mari maçon et avait été femme de ménage. Portant le voile, elle était décrite par son fils Hamza comme « très pieuse et pratiquante ». Elle « pratiquait un islam du juste milieu. Un vrai islam (…), pas celui des terroristes », a-t-il dit à L’Express, la qualifiant dans Nice Matin de « maman extraordinaire ».

Trois autres Marocains, dont l’identité n’a pas encore été communiquée, figurent parmi les victimes.

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