Burkina : retour sur la polémique créée par l’abattage massif d’ânes

45 000 ânes ont été abattus en six mois au Burkina Faso. © Felipe Dana/AP/SIPA

La récente découverte d'un abattoir d'ânes dans la commune de Tanghin Dassouri, près de Ouagadougou, a mis en lumière l'explosion du trafic de peaux de ces animaux, revendues chèrement en Chine pour leurs vertus anti-vieillissement supposées.

Tout est parti de l’enquête de deux journalistes sur un abattoir d’ânes géré par des Chinois à Balolé, dans la commune de de Tanghin-Dassouri, à 50 kilomètres de Ouagadougou. Intrigués par l’activité de cette unité d’abattage, les deux hommes se sont rendus sur place le lundi 11 juillet pour obtenir plus d’informations. Ils ont alors été brièvement séquestrés par les employés chinois avant d’être relâchés, sans toutefois pouvoir récupérer leur matériel de reportage. Leurs rédactions respectives ont déposé plainte et une procédure judiciaire a été ouverte.

L’affaire a rapidement provoqué la colère des habitants, excédés par l’odeur de putréfaction des carcasses dans tout le village et la pollution des points d’eau près de l’abattoir. Plusieurs d’entre eux ont saccagé le site et découvert des dizaines d’ânes en décomposition.

Le prix de la peau d’âne en plein boom

Comme dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne, de plus en plus d’ânes sont tués au Burkina pour leurs peaux, exportées et revendues en Chine pour leurs vertus anti-vieillissement supposées. Porté par une forte demande chinoise, le prix d’une peau d’âne est en plein boom, oscillant entre 30 et 60 euros, et plusieurs sites d’abattage ont fleuri dans différentes localités du pays depuis 2015.

Le phénomène a pris une telle ampleur que la réglementation de cette activité a été abordée en Conseil des ministres. Lors du point presse du gouvernement, Rémi Dandjinou, le ministre de la Communication, a affirmé que 45 000 ânes avaient été abattus en moins de six mois sur une population totale d’environ 1,5 million au Burkina. « Cela commence à faire trop », a-t-il dénoncé en soulignant la nécessité de légiférer sur cette question.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici