La justice algérienne maintient en détention les cadres de la chaîne télé d’El Khabar

Par - à Alger

Une voiture siglée El Khabar, le 3 mai 2016 à Alger. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

La Cour d’Alger a refusé, ce mercredi, la demande de liberté provisoire de Mehdi Benaïssa, directeur de la chaîne KBC et de Ness Prod (filiale du groupe Cevital), de Riyad Hartouf, responsable de la production de l’émission « Nass Stah » et de Mounia Nedjaï, directrice centrale au ministère de la Culture chargée notamment des autorisations de tournage, placés sous mandat de dépôt depuis le 24 juin dernier.

Les trois prévenus sont poursuivis pour fausses déclarations et abus de fonctions, indiquait leur avocate Fella Sadat à Jeune Afrique au moment de leur arrestation.

La justice algérienne, qui a ouvert une enquête sur les conditions d’obtention des autorisations pour le tournage de deux émissions satiriques « Ness Stah » et « Kihna Kinass », leur reproche d’avoir enregistré ces émissions dans un studio mis sous scellés, dans le sillage de la fermeture de la chaîne Atlas TV en 2014.

Jugement le 18 juillet

« Ils ne seront pas libérés avant le procès », a commenté Me Fetta Sadat, devant les quelques journalistes et comédiens des émissions de KBC présents ce mercredi sur le perron du tribunal.

L’affaire sera jugée le lundi 18 juillet prochain au tribunal correctionnel de Sidi M’hamed, à Alger, ont annoncé les avocats de la défense.

Me Fella Sadat a déploré la décision de la cour d’Alger en soulignant que la « mise en détention » est une mesure très exceptionnelle. « La Constitution algérienne stipule qu’un prévenu doit rester en liberté et que la mise en détention doit être justifiée », a-t-elle souligné.

Vives contestations

Ces arrestations ont provoqué de vives critiques de la part des ONG des droits de l’homme et suscité la mobilisation de journalistes, d’artistes et de la société civile algérienne.

Elles interviennent au moment même où le groupe El Khabar se voit contesté son rachat par Ness Prod, filiale du conglomérat Cevital de l’entrepreneur algérien Issad Rebrab.

« Je suis très très déçu », a confié à Jeune Afrique Idir Benaïbouche, comédien de « Ki hna, ki nass », une émission de KBC arrêtée. « Je ne sais pas ce que l’on va faire mais ce qui est sûr c’est que l’on va rester mobilisé jusqu’à leur libération », a-t-il ajouté.

Couverture

Exclusivité : - 30% sur votre édition digitale


Couverture

+ LE HORS-SERIE FINANCE OFFERT dans votre abonnement digital. Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez !

Je m'abonne à Jeune Afrique