Zimbabwe : le pasteur Mawarire, accusé d’avoir tenté de renverser le gouvernement, finalement libéré

Par Jeune Afrique avec AFP

Le pasteur baptiste Evan Mawarire, le 19 mai 2016 à Harare. © AFP

Au lendemain de son arrestation, le pasteur baptiste, qui s'est imposé comme l'un des leaders du mouvement de contestation sociale contre le régime du président Mugabe, a été inculpé mercredi à Harare de tentative de renversement du gouvernement. Il a finalement été libéré, les charges ayant été rejetées par la justice.

Evan Mawarire a comparu mercredi 13 juillet devant un tribunal d’Harare, devant lequel quelque 150 de ses partisans s’étaient réunis pour le soutenir. Selon le document officiel faisant état des chefs d’inculpation pesant contre lui, le pasteur de 39 ans était « accusé d’avoir mené une campagne visant à renverser ou tenter de renverser le gouvernement par des moyens anticonstitutionnels ».

D’après le parquet, les charges qui pesaient sur lui étaient basées sur les vidéos que le pasteur a postées sur internet. Evan Mawarire a été arrêté mardi par la police alors qu’il avait de nouveau appelé à la paralysie du pays cette semaine, mercredi et jeudi.

Le rejet des charges par la justice et sa libération interviennent donc le même jour que son inculpation.

Le pasteur baptiste fait partie des organisateurs de la grève générale du 6 juillet. Bien suivie, celle-ci faisait suite à plusieurs jours de manifestations pour protester contre l’échec du gouvernement à payer ses fonctionnaires, faute de liquidités.

Un appel à manifester mercredi peu suivi

En dépit d’un nouvel appel à la grève générale, la mobilisation a été très faible ce mercredi. « Les écoles et commerces étaient ouverts à Harare », a constaté un journaliste de l’AFP présent sur place. La police patrouillait dans les rues de la capitale.

Mardi soir, le ministre de l’Intérieur, Ignatius Chombo, avait prévenu « les instigateurs de ces manifestations qu’ils tomberont sous le coup de la loi », appelant « le public à cesser de participer à des manifestations illégales ».

De parfait inconnu à leader de la contestation

Encore inconnu du grand public il y a quelques mois, Evan Mawarire s’est rapidement fait un nom en postant en avril dernier un clip où il dénonçait la corruption et la négligence du gouvernement alors que le pays est plongé dans une grave crise économique depuis le début des années 2000 et souffre de la sécheresse. La vidéo, sur laquelle ce père de famille porte un drapeau zimbabwéen, a donné naissance au hashtag #ThisFlag (« ce drapeau »), devenu un symbole du mouvement de contestation.

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