Musique : Elba chante Madiba

Idris Elba a fait appel à des artistes britanniques et sud-africains. © Ian Gavan / GETTY IMAGES EUROPE / AFP

Il l'a incarné à l'écran, il le raconte aujourd'hui en chanson. L'acteur et DJ britannique rend hommage au Sud-Africain dans son dernier album, Mi Mandela.

"Je me souviens. C’était l’anniversaire de Mandela. On était en plein tournage et nous devions lui adresser chacun un petit message dans une vidéo. Lorsque ce fut mon tour, j’ai regardé la caméra et j’ai dit quelque chose comme : "M. Mandela, je ne sais pas si vous vous rendez compte, c’est un tel honneur, un tel privilège pour moi d’être ici et de jouer votre rôle ! D’autant plus le jour de votre anniversaire ! Alors, joyeux anniversaire !" L’équipe était au bord des larmes.

La vidéo a ensuite été montrée à Mandela. Il était déjà très malade à l’époque. Il a visualisé tous les messages. Quand je suis apparu sur l’écran, il a écouté, regardé, et il a dit : "C’est qui lui ?" Autour, on a répondu, un peu gênés : "Euh… C’est Idris, il joue Mandela.""

Cette anecdote, Idris Elba, l’acteur britannique d’origine sierra-léonaise et ghanéenne qui a incarné l’ancien président sud-africain sur grand écran en 2013, la raconte toujours avec une certaine tendresse. Désormais, il la déclame aussi en musique dans son premier album, Mi Mandela. Quatorze titres qu’il a quasiment tous écrits, produits et enregistrés à Johannesburg. Elba, qui ne pose sa voix que sur le morceau éponyme de l’album, a fait appel à des artistes britanniques et surtout sud-africains, tels les Mahotella Queens ou Nothembi Mkhwebane.

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Passer d’un art à l’autre

Et pour ceux qui y verraient un quelconque opportunisme, l’acteur, qui mène aussi une carrière de DJ sous le pseudonyme de Big Driis The Londoner, rappelle qu’à 42 ans il a acquis une certaine "liberté" qui lui permet de passer d’un art à l’autre sans trop se soucier des critiques.

Un album décomplexé et réussi pour ce Britannique bercé par les chansons de Franco Luambo, Tabu Ley Rochereau, Miriam Makeba ou King Sunny Ade, dont il affirme : "Je me rappelle encore de chaque mot, de chaque mélodie, même si elles sont chantées dans des langues que je ne comprends pas. Elles sont simplement en moi."