Cinéma : « Hope », les migrants avant Gibraltar

Le périple de Léonard et Hope sera semé d'embûches. © Pyramide distribution

Le film "Hope", de Boris Lojkine, retrace la vie de deux migrants avant leur traversée de la Méditerranée. Un film dur, sans manichéïsme ni concession, qui est aussi une belle histoire d'amour.

À Hollywood, on appelle cela un prequel. Autrement dit un film qui vient à la suite d’un autre, mais qui raconte ce qui se passait avant. Hope est en quelque sorte le prequel de tous les films sur les migrants africains qui évoquent la traversée du détroit de Gibraltar pour tenter d’atteindre le supposé eldorado européen.

Car, on a trop tendance à l’oublier, il ne s’agit là que de la dernière étape d’un parcours qui a commencé le jour où le migrant a quitté son pays pour entreprendre un voyage, en général à travers le Sahara, qui allait bien souvent tourner au cauchemar. Ce long-métrage est ainsi un récit de voyage, qui, s’il n’était pas réalisé avec autant de tact et parfois même de tendresse, ressemblerait à un film d’épouvante.

Douloureuses épreuves

Car le périple du courageux Camerounais Léonard et de la toute jeune Nigériane Hope, qui décident un jour de faire route commune, sera semé d’embûches – et le mot est faible. À chaque nouvelle étape vers le Maroc, où ils espèrent trouver le moyen de traverser la Méditerranée, ils sont en effet obligés d’affronter de douloureuses épreuves – racket, viol, coups… – pour espérer avoir une chance de poursuivre leur chemin.

Et ceux qui leur infligent ces violences à chaque fois qu’ils font halte, ce sont d’autres Africains qui ont organisé et mis en coupe réglée des ghettos communautaires dans lesquels atterrissent nécessairement les candidats à l’exil. Joué par des comédiens amateurs eux-mêmes migrants recrutés au Maroc, ce premier film bénéficie du travail de recherche préalable de l’auteur, qui a multiplié les entretiens et les repérages avant d’écrire son scénario, riche de personnages hauts en couleur. Épique, le récit est à mi-chemin entre la fiction et le documentaire, genre cinéma-vérité. Et s’il nous montre "de l’intérieur" la vie des migrants, il nous raconte aussi une belle histoire d’amour.

Hope, de Boris Lojkine (sortie à Paris le 28 janvier)

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