Comores : issue incertaine pour le second tour des législatives

Par Jeune Afrique

Les électeurs font la queue devant le bureau de vote à Mbeni, le 25 janvier. © Ibrahim Youssouf/AFP

Le second tour des législatives aux Comores verra s'affronter dans un face-à-face à l'issue incertaine, le parti du président Ikililou Dhoinine à celui de son prédécesseur, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

Trois députés comoriens ont été élus dès le premier tour de dimanche, dont deux de l’UPCD (au pouvoir) sur la petite île de Mohéli et un candidat de Juwa – le parti de Sambi – sur l’île de Grande Comore.

Ailleurs, la présence de cinq à huit candidats au premier tour et le jeu des ralliements rend l’issue du second tour indécise.

Second tour le 22 février

Le second tour aura lieu le 22 février, en même temps que les municipales.

Les différences de programme entre les deux camps sont ténues dans l’archipel où l’argent de la diaspora établie en France (ou à Madagascar) assure la survie d’une partie de la population. Les Comores vivent depuis des années au gré des arriérés de salaires, des coupures de courant et des ordures ménagères non collectées dont l’odeur empeste certaines rues de Moroni.

>> Lire aussi : Le portrait de l’actuel président, le "discret" Ikililou Dhoinine

Les législatives, un baromètre avant la présidentielles de 2016

Surnommé le "chiite" parce qu’il a fait une partie de ses études en Iran, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s’est fait le champion de la restauration de l’autorité de l’État et du rapprochement avec le monde arabo-musulman. Il avait reçu le président iranien Mahmoud Ahmadinejad en 2009, sans rompre pour autant avec l’aide française, importante aux Comores. Le pays est membre de la Ligue arabe.

Abdallah Mohamed Sambi en meeting – AFP PHOTO/IBRAHIM YOUSSOUF

Déjà président de 2006 à 2011, Sambi vise à revenir à la présidence en 2016. Ses détracteurs l’accusent de jouer avec le feu, dans un pays qui a connu plusieurs crises séparatistes que la rotation de chaque île à la présidence a permis d’apaiser.

Depuis l’indépendance 1975, ce micro-État musulman francophone a connu vingt coups d’État ou tentatives. La dernière remonte à 2013.

Selon ce principe de rotation, le prochain chef de l’État devrait être un natif de Grande Comore, et non un natif d’Anjouan comme Sambi.

Avec une majorité à l’assemblée, l’ex-président pourrait modifier la Constitution et revenir au pouvoir

Une majorité à l’Assemblée nationale donnerait les coudées franches à Sambi pour modifier si besoin la Constitution.

Dimanche, le parti sambiste a remporté la majorité à l’Assemblée insulaire d’Anjouan, ce qui lui assure d’avance trois députés à l’Assemblée nationale.

Trente-trois sièges sont à pourvoir dans la nouvelle Assemblée nationale comorienne : 24 sont élus au suffrage universel direct, et neuf désignés par leurs pairs des trois parlements insulaires.

71 % de participation

Le scrutin de dimanche a dépassé les 71 % de participation selon la commission électorale.

"La transparence du scrutin était meilleure que les fois précédentes", a salué Anna Constantini, la responsable du bureau de l’Union européenne (UE). L’UE est le principal bailleur aux côtés de l’État comorien de l’organisation du scrutin, le plus coûteux de l’histoire nationale avec près de cinq millions d’euros pour 275 000 inscrits.

(Avec AFP)

 

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