Maroc : des dizaines de projets annoncés pour la réforme du plan d’investissement

Par - à Casablanca

Moulay Hafid Elalamy a été nommé en 2013 au ministère du Commerce et de l'Industrie du Maroc. © Eric Larrayadieu/AFRICA CEO FORUM/Jeune Afrique

Lors d’une cérémonie présidée par le roi Mohammed VI, Moulay Hafid Elalamy, le ministre marocain de l’Industrie, a présenté les grandes lignes de son nouveau plan de réforme de l’investissement. Une dizaine de conventions ont été également signées pour 30 projets totalisant 7,5 milliards de dirhams d’investissements (680 millions d'euros), notamment dans l'automobile et l'aéronautique.

Membres du gouvernement, conseillers royaux, présidents de régions, ambassadeurs, présidents de multinationales, capitaines d’industrie marocains … tout le gotha politico-économique du royaume était réuni lundi 04 juillet au palais royal de Casablanca pour la présentation du nouveau plan de réforme de l’investissement par le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, durant une cérémonie présidée par le roi Mohammed VI.

Une réforme globale

Déjà exposé au cours du Conseil des ministres du 23 juin, ce nouveau plan s’articule autour de six principaux axes visant « à créer les conditions d’une croissance économique durable où l’investissement  privé joue le rôle de locomotive et l’appui de l’État, celui d’accélérateur ».

La mesure phare de ce nouveau dispositif n’est autre que l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés (IS) durant cinq ans pour les industries en création.

En plus de ce cadeau fiscal, le nouveau plan d’Elalamy repose sur un recalibrage de la charte d’investissement qui regroupe désormais, en plus des dispositifs communs à tous les secteurs, des mesures spécifiques à certains pans de l’industrie ainsi que des mesures incitatives pour les régions les moins favorisées.

La restructuration des organes de promotion de l’investissement à travers la création de l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) est également au cœur de ce nouveau plan. À cela s’ajoute la création d’une autre agence dédiée à l’économie numérique et au e-gouvernement visant à faciliter les démarches administratives.

Le projet comprend en outre la création, au sein du département piloté par Moulay Hafid Elalamy, d’une direction de commerce et d’une autre direction de l’investissement, chargée de pérenniser le plan d’accélération industrielle.

30 usines à implanter

Ce dernier, lancé en 2014, a permis jusque-là la création de quelque 160 000 emplois. Mais à en croire le ministre, le meilleur reste à venir vu les différents contrats de performance signées avec les fédérations industrielles qui ont permis d’identifier un potentiel de 427 000 emplois, soit 83% de l’objectif visé par ce plan.

La cérémonie de présentation devant le roi du Maroc a été d’ailleurs l’occasion de signer une dizaine de conventions d’investissements.

Parmi ces conventions, figurent un projet du groupe OCP pour le développement d’un écosystème industriel destinés aux sous-traitants du phosphatier.

En parallèle, des contrats ont été ratifiés pour une enveloppe globale de 7,5 milliards de dirhams devant générer 39 000 emplois. L’industrie automobile s’accapare la part du lion avec notamment 21 projets dont les plus importants sont lancés par le groupe américain Delphi (7 usines, 13 000 emplois) ainsi que le canadien Linamar (2,7 milliards de dirhams d’investissement).

Dans le textile, on recense neuf projets totalisant 19 632 postes de travail et des investissements d’environ 600 millions de dirhams.

Le secteur aéronautique n’est pas en reste : 4 unités industrielles sont dans le pipe et devraient coûter 260 millions de dirhams.