Vaccin contre Ebola : où en sont les recherches ?

Par Jeune Afrique

Des chercheurs isolent des échantillons sur des animaux. © Christophe Lepetit / AFP

Les recherches d’un traitement préventif contre le virus Ebola viennent de prendre un tournant décisif avec le lancement dimanche de tests à grande échelle de deux vaccins dans un hôpital de Monrovia au Liberia.

Alors que le nombre de personnes contaminées par le virus Ebola est en nette regression en Afrique de l’Ouest, la recherche d’un traitement préventif avance à grands pas. Des premiers essais ont été jugés satisfaisants par l’hôpital Redemption de Monrovia, la capitale du Liberia, où se déroulent les tests.

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Accélération de la course au vaccin

Les deux vaccins actuellement testés à Monrovia prennent un net avantage sur les concurrents en cours d’élaboration dans le monde notamment en France et aux États-Unis. Il s’agit du ChAd3, développé par la firme britannique GSK (GlaxoSmithKline) avec l’Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (Niaid), et du rVSV-ZEBOV de l’agence de santé publique du Canada (Phac).

Selon le projet de coopération américano-libérien Prevail (Partenariat pour la recherche sur les vaccins anti-Ebola au Liberia), "ces deux vaccins se sont révélés prévenir Ebola chez les animaux et ont été déterminés sûrs lors de tests humains sur des études d’innocuité plus petites en Afrique, en Europe et en Amérique". L’organisme explique également que ces traitements peuvent causer des douleurs, des inflammations ou des enflures au bras, aussi bien que de la fièvre, des maux de tête et de la fatigue. Mais, ces effets secondaires ont été légers ou modérés et ont disparu d’eux-mêmes, d’où le lancement de tests à grande échelle au Liberia.

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Lueur d’espoir au Liberia

Les essais ont été officiellement lancés dans l’hôpital Redemption le 1er février lors d’une cérémonie en présence du vice-président libérien, Joseph Boaikai. Ce dernier a émis le vœu que les tests en cours puissent apporter une réponse au mystère qui entoure Ebola.

Selon Melvin Johnson, responsable des tests, plusieurs personnes viennent quotidiennement se porter volontaires. Seuls douze sont retenues par jour. Les chercheurs, qui estiment que le niveau d’immunisation requis pour prémunir un être humain d’Ebola reste inconnu, visent à terme à tester leur vaccin sur un échantillon de 27 000 hommes et femmes en bonne santé, âgés de 18 ans et plus.

Le directeur du Wellcome Trust au Royaume-Uni, qui finance des recherches contre Ebola, Jeremy Farrar, a jugé "fantastique que ces premiers essais de vaccins à grande échelle se déroulent au Liberia, un pays qui a énormément souffert au plus fort de l’épidémie", avec au moins 3 700 morts sur les quelques 9 000 malades recensés. 

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