Benyamin Netanyahou commence sa tournée africaine en Ouganda par la commémoration du raid d’Entebbe

Par - Correspondant à Jérusalem

L'Ouganda sera la première station de la tournée africaine du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. © Gali Tibbon/AP/SIPA

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, entame ce lundi, une visite de cinq jours dans quatre pays d'Afrique subsaharienne. Très attendue, sa tournée sur le continent est la première d’un chef de gouvernement israélien depuis 1987.

C’est en conquérant que Benyamin Netanyahou entame, ce lundi 4 juillet, une visite officielle de cinq jours qui le mènera en Ouganda, au Kenya, en Éthiopie et au Rwanda. «  Cela fait partie d’une volonté forte de notre part de revenir en Afrique par la grande porte  », déclarait-il le 26 juin, à l’ouverture du Conseil des ministres. «  C’est important pour l’État d’Israël et c’est tout aussi important pour les pays africains », avait conclu Netanyahou qui sera accompagné par une délégation d’une cinquantaine d’hommes affaires et de chefs d’entreprises.

Motivations diplomatiques

Symboliquement, 13 millions de dollars viennent d’être débloqués par son gouvernement afin de renforcer les projets de coopération avec l’Afrique. Ce budget sera placé dans un nouveau fonds d’investissement géré conjointement avec la Banque mondiale. Mashav, l’agence israélienne de développement international, en profitera pour s’implanter dans les pays visités par Netanyahou à travers divers programmes liés à l’agriculture, l’éducation et la médecine.

Si l’Afrique ne représente que 2% des exportations de l’État hébreu, le Premier ministre israélien considère que le potentiel d’expansion commerciale est immense. Ses motivations sont également liées à la nécessité pour son pays de nouer de nouvelles alliances. Des intérêts communs, à l’instar de la lutte contre le terrorisme, serviront indéniablement de catalyseur.

Commémorer le raid d’Entebbe

Israël entend ainsi accroître son assistance en matière de sécurité intérieure, un domaine où ses experts sont déjà très présents. Le bénéfice d’un tel rapprochement serait diplomatique. « Ce que je veux, c’est que cela se traduise dans les votes de l’Union africaine (UA) », aurait confié en coulisses Benyamin Netanyahou qui estime que les payes africains jouent un double jeu. D’un côté, favoriser les relations bilatérales et, de l’autre, voter contre Israël ou s’abstenir dans les instances internationales comme l’ONU.

Kampala, capitale de l’Ouganda, sera la première étape de cette offensive de charme. Benyamin Netanyahou marquera le quarantième anniversaire du « raid d’Entebbe » mené par des commandos israéliens pour libérer les passagers et l’équipage d’un vol Tel-Aviv/Paris pris en otage par des Palestiniens. Un douloureux souvenir pour le Premier ministre israélien dont le frère aîné, Yonathan, avait été tué dans les premières minutes de l’opération. Cette visite en Ouganda sera l’occasion d’un mini-sommet entre Benyamin Netanyahou et six chefs d’États africains. Les présidents sud-soudanais, Salva Kiir, et tanzanien, John Magufuli, se joindront à leurs homologue rwandais, kényan, éthiopien et ougandais.       

Visite historique

Si des ministres ou de hauts fonctionnaires de l’État hébreu se sont rendus en Afrique ces dernières années, la visite de Benyamin Netanyahou est la première d’un Premier ministre israélien depuis celle d’Itzhak Shamir à Lomé (Togo), en juin 1987. Sept ans plus tard, son successeur, Itzhak Rabin, s’était rendu à Casablanca. Mais Israël a toujours dissocié le Maghreb, historiquement hostile, à l’Afrique subsaharienne où des relations diplomatiques sont aujourd’hui établies avec plus de quarante pays.