Algérie : la Banque centrale introduit une mesure de facilitation pour les exportations hors hydrocarbures

L'usine Renault, à Oran. Pour favoriser la production locale, l'import de véhicules est soumis à des procédures renforcées. © BECHIR RAMZY/ANADOLU AGENCY/AFP

Les entreprises exportatrices algériennes importatrices de matières premières destinées à la transformation puis à l'export pourront désormais régler ces achats en devises étrangères sans déclaration à la Banque centrale. Une mesure de facilitation — dont seront exclus les primo exportateurs qui ne sont pas encore dotés de devises étrangères — au moment où le pays tente de diversifier ses exportations d'hydrocarbures, plombées par les cours internationaux.

La Banque d’Algérie, fraîchement dotée d’une nouvelle équipe de direction, a introduit cette semaine une mesure de facilitation pour les exportateurs hors hydrocarbures, dans un contexte de chute vertigineuse des ventes de pétrole algérien plombées par les cours internationaux encore sous les 50 dollars le baril.

L’institution financière centrale a ainsi supprimé l’accord préalable qu’elle délivrait jusqu’à présent pour le paiement en devises étrangères des matières premières par ces opérateurs.

« Une entreprise qui importe des matières premières pour fabriquer des produits destinés à l’exportation et qui détient des avoirs suffisants en devises dans son compte bancaire d’entreprise peut régler sa facture en devises sans passer par la Banque centrale », a expliqué à l’APS un responsable anonyme de la Banque centrale algérienne. À condition que l’entreprise importatrice règle sa facture avec ses propres devises.

En Algérie, lorsqu’une opération d’exportation est réalisée, l’exportateur a droit de percevoir en devises la moitié de ses recettes d’exportation alors que l’autre moitié lui est convertie en dinars par la Banque d’Algérie.

« Ce qui exclut les primo exportateurs qui ne sont pas encore dotés de devises étrangères. Ils ont été retirés du périmètre de la mesure dans un second temps », précise à Jeune Afrique Mohamed Bessa, directeur de la communication et des exportations chez le fabricant algérien Général Emballage.

« Il paraît logique que les entreprises achètent en devises étrangères des importations qui serviront à la transformation avec ajout de valeur ajoutée de biens qui seront ensuite revendues en devises étrangères, le tout sans que la Banque centrale n’ait à faire la conversion des devises en dinars », dit encore Mohamed Bessa.

Dans un contexte de diversification des hydrocarbures

Une initiative qui intervient au moment où l’exécutif algérien tâche de réduire ses importations, et de diversifier ses exportations dont l’immense majorité est aujourd’hui faite d’hydrocarbures. Or au premier trimestre 2015 (derniers chiffres détaillés disponibles), le net recul du prix du pétrole avait entraîné un recul de la valeur des exportations d’hydrocarbures, à 8,7 milliards de dollars entre janvier et mars 2015 (-8,9% sur un an). Une dégringolade qui, logiquement, provoque une dégradation de la balance commerciale.

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