L’argent des Africains : Yves-Landry, ingénieur en Côte d’Ivoire – 1220 euros par mois

En 2014, Yves-Landry a intégré l’équipe d’un projet d’extension de la centrale électrique de Vridi 2 (photo d'illustration) © Bram Janssen/AP/SIPA

Yves-Landry, 30 ans, est ingénieur, chargé de superviser la qualité des travaux pour un projet de construction de centrale électrique à Abidjan. Pour ce nouveau volet de la série l’argent des Africains, Yves-Landry nous dit tout sur ses dépenses mensuelles et ses projets pour le futur.

Yves-Landry a débuté en tant que contrôleur de qualité en 2011 après une formation à Abidjan dans le génie civil. En 2014, il a intégré l’équipe d’un projet d’extension de la centrale électrique de Vridi 2, pour la Compagnie Ivoirienne de Production d’Électricité (CIPREL). C’est avec beaucoup de fierté qu’il évoque cette aventure, dans laquelle il s’est engagé pour une durée de trois ans.

Salaire : 1220 euros par mois

« Ici, j’en apprends chaque jour. Je travaille avec des Coréens, des Pakistanais, des Français… Côtoyer autant de nationalités au quotidien apporte beaucoup sur le plan humain. Et puis j’ai été obligé de perfectionner mon anglais ! », indique fièrement Yves-Landry.

Et de poursuivre : « Un projet pareil, on n’en voit pas tous les jours, je sens qu’en y participant, je contribue à l’émergence du pays ». Autant dire qu’Yves-Landry est passionné par son travail, qui lui fait actuellement gagner un salaire de 800 000 francs CFA (1220 euros) par mois.

Loyer : 122 euros

Célibataire, le jeune ingénieur ne vit plus avec ses parents et loue un appartement dans le quartier résidentiel de Cocody-Riviera pour un loyer de 122 euros par mois.

Pour ses factures, la note d’électricité peut parfois atteindre 46 euros pour deux mois, tandis que l’eau lui coûte moins de 7 euros tous les trois mois. Quant aux factures téléphoniques, elles tournent autour 30 euros par mois.

En ce qui concerne les transports, Yves-Landry se déplace quotidiennement en taxi pour environ 73 euros par mois.

Alimentation et soirées entre amis : 221 euros

L’alimentation d’Yves-Landry au quotidien est assurée par l’aide-ménagère qui travaille chez ses parents, et qui vient lui préparer à manger environ une fois tous les dix jours. Il lui verse une quinzaine d’euros à chaque visite.

À ces frais s’ajoutent les « courses personnelles » d’Yves Landry, qui dépense environ 46 euros pour faire le plein de boissons et de snacks afin de recevoir ses amis chez lui de temps à autre.

Yves-Landry aime aussi sortir faire la fête : pour ses soirées afterwork qu’il passe à « faire le show » et à danser le coupé-décalé entre amis, la facture atteint entre 106 et 137 euros par mois.

Dîme et aide à la famille : 182 euros

S’il est proche de ses amis, il ne l’est pas moins de sa famille, à laquelle il apporte une aide mensuelle s’élevant à une soixantaine d’euros par mois.

La religion occupe également une place importante pour le jeune ingénieur, qui consacre 10% de son salaire mensuel (122 euros) à la dîme versée à son Église.

Épargne : environ 575 euros par mois

En cas d’imprévus, Yves-Landry puise dans son épargne, à laquelle il consacre autour de la moitié de son salaire.

S’il s’impose une certaine rigueur et fait l’effort d’être économe, il considère qu’épargner « vient tout seul » pour lui et ses amis. Il commente : « On pense au lendemain… Dans l’idéal, j’aimerais plutôt épargner 70% de mon salaire, mais je ne me plains pas non plus de mes 50%, c’est déjà ça ! ».

Cette épargne, il la destine à plusieurs projets, comme l’achat d’une voiture. Mais surtout, Il nourrit l’ambition de reprendre ses études pour se perfectionner dans le domaine du bâtiment et de l’urbanisme.

« Je veux ajouter un ‘plus’ à mes compétences », explique le jeune ingénieur, qui aspire à un emploi plus stable dans le futur, « par exemple, un poste permanent dans une institution publique ».

Si Yves-Landry projette de poursuivre sa formation en France, il entend néanmoins retourner vivre en Côte-d’Ivoire où il souhaite y fonder une famille. « Ici, je suis vraiment satisfait, on vit mieux qu’ailleurs en Afrique », explique-t-il. Et de conclure : « Les gens ont le sens du partage… Ça vaut vraiment le coup de rester. »

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