Euro 2016 : le sélectionneur du Mali Alain Giresse nous donne son top 5 des joueurs africains

L'entraîneur de l'équipe de foot du Mali, Alain Giresse, en février 2012. © Francois Mori/AP/SIPA

Le premier tour de l’Euro 2016 s’est achevé mercredi soir. Avec Alain Giresse, le sélectionneur du Mali, Jeune Afrique a dressé le top 5 des joueurs d’origine africaine qui se sont illustrés pendant la première partie de la compétition.

 Ngolo Kanté (France/Mali)

Le Mali voulait le faire jouer avec les Aigles, et on comprend un peu mieux pourquoi à chaque match. Le milieu de terrain récupérateur des Bleus (25 ans), mis au repos face à la Suisse (0-0, le 19 juin) lors du dernier match alors que la France était qualifiée, séduit par la simplicité de son jeu. « Il joue tranquillement, naturellement, en faisant très bien son travail. Il est actif, tout en apportant offensivement », résume Giresse à propos de Kanté, qui n’est pourtant international que depuis mars dernier. Le joueur de Leicester City est souvent comparé à Claude Makelele : « Il évolue effectivement dans un registre similaire, avec la même activité, la même qualité à la récupération et une vraie capacité à se projeter vers l’avant. »

Jerome Boateng (Allemagne/Ghana)

Blessé à un mollet lors de la rencontre remportée par la Mannschaft le 21 juin face à l’Irlande du Nord (1-0), ce qui ne devrait pas l’empêcher de jouer face à la Slovaquie dimanche en huitième de finale,  Boateng (27 ans) n’a pas déçu depuis le début de l’Euro. « Si l’Allemagne n’a toujours pas encaissé de but, il y est pour quelque chose. Il est solide, imposant physiquement et souvent bien placé », apprécie Giresse. Champion du Monde en 2014, le joueur du Bayern Munich est devenu au fil du temps un élément essentiel du secteur défensif de l’Allemagne. « Quand il n’est pas là, l’équipe est moins sereine dans ce domaine », analyse le sélectionneur du Mali.

Nani (Portugal/Cap Vert)

Buteur contre l’Islande (1-1, le 14 juin) puis contre la Hongrie (3-3, le 22 juin), Nani (29 ans) a joué un rôle évident dans la qualification du Portugal pour les huitièmes de finale. « Nani, c’est un mystère. On connaît son potentiel énorme, mais il ne le montre que par intermittence.  Il n’a pas été étincelant, mais il a inscrit des buts importants », explique Giresse à propos de l’attaquant du Fenerbahce Istanbul (Turquie). « Cet Euro est sans doute une de ses dernières occasions de briller lors d’un grand tournoi. Il en a les qualités, mais j’ai toujours l’impression qu’il a du mal à franchir le pas qui pourrait lui permettre de devenir un très grand joueur. »

Romelu Lukaku (Belgique/RD Congo)

Complètement à côté de la plaque lors de la rencontre perdue face à l’Italie (0-2, le 13 juin), Romelu Lukaku (23 ans) s’est rattrapé de la plus spectaculaire des façons lors de l’éclatante victoire face à l’Eire (3-0, le 18 juin) en s’offrant un doublé. « Il n’a pas un gros bagage technique, mais c’est un joueur qui constitue un bon point de fixation. Il est parfois irrégulier dans ses performances. Contre la Suède (1-0, le 22 juin), il a fait une prestation moyenne, moins accomplie que face à l’Eire », juge Giresse. Au sein d’un secteur offensif riche en individualités (Batschuayi, Origi, Benteke…), l’attaquant d’Everton (Angleterre)  est vraiment le seul à avoir marqué des points.

Sami Khedira (Allemagne/Tunisie)

Précédemment au Real Madrid, où il jouait peu, l’international allemand a été transféré à la Juventus Turin l’été dernier. Avec 29 matches disputés, Khedira a retrouvé du rythme, et ses prestations avec l’Allemagne lors du premier tour de l’Euro sont plutôt encourageantes. « On sent qu’il est plus en jambes. C’est un joueur qui fait bien ce qu’il doit faire, sans chercher à se disperser. Depuis le début de l’Euro, c’est un des joueurs allemands les plus convaincants, et je pense qu’il va continuer à monter en puissance et à apporter sa lucidité à son équipe », explique Giresse. Prochains éléments de réponses le 26 juin, contre la Slovaquie…