Affaire Fabienne Kabou : 20 ans de prison pour la mère infanticide qui se disait victime de sorcellerie

Par Jeune Afrique avec AFP

Fabienne Kabou a affirmé que son acte était guidé par de la sorcellerie © Benoît Peyrucq/AFP

Le verdict est tombé vendredi pour Fabienne Kabou, cette mère infanticide qui avait assassiné sa fille de 15 mois en l'abandonnant sur une plage française en 2013. Elle écope de 20 ans de prison ferme alors que l'avocat général avait requis 18 ans.

« L’accusée est condamnée à 20 ans de prison pour assassinat », a tranché la présidente du tribunal aux assises de Saint-Omer (Nord)

Si Fabienne Kabou échappe à la réclusion à perpétuité, la peine prononcée reste plus lourde que les 18 ans de prison ferme qui avaient été requis par l’avocat général, Luc Frémiot.

Le verdict a été prononcé après cinq jours de procès intenses, destinés à décrypter les motifs du geste de la mère infanticide, qui s’affirmait victime de sorcellerie.

La présidente du tribunal a affirmé que la décision prenait en compte l’altération du discernement diagnostiquée par le panel de psychiatres chargés d’analyser l’état mental de Fabienne Kabou, et qui avaient conclu que l’accusée était atteinte de « psychose paranoïaque chronique ».

« On nous a dit que c’était un cas historique, mais c’est faux »

Lors de son réquisitoire, l’avocat général Luc Frémiot, peu convaincu des délibérations des psychiatres, qu’il a qualifiées de « querelles d’ego », a déploré que l’affaire se soit concentrée sur « l’énigme » de la personnalité de Fabienne Kabou.

Se concentrant sur l’horreur de l’acte commis, il a tenu a souligner la froideur et « l’indifférence » de Fabienne Kabou, une femme selon lui entièrement « construite sur des mensonges ». Refusant d’en faire un cas à part, l’avocat général s’est indigné : « On nous a dit que c’était un cas historique, mais c’est faux ».