L’Espagne estime que le Brexit lui permettrait de récupérer Gibraltar

Par Jeune Afrique

Le statut de Gibraltar avait fait l'objet d'un référendum en 2002 à la suite duquel les habitants du rocher s'étaient prononcés pour une souveraineté britannique. © Brian Witte/AP/SIPA

Suite au Brexit, les autorités espagnoles ont réactivé, ce vendredi, leur demande de rétrocession du rocher de Gibraltar sous souveraineté britannique. Iront-ils jusqu'au bout sachant que le statut du Rocher est fortement lié à celui des enclaves de Ceuta et Mellilia, revendiquées par le Maroc ?

Madrid a estimé, ce vendredi 24 juin, que la sortie de Royaume-Uni de l’Union européenne lui permettrait de récupérer Gibraltar, alors que Londres cherchait à rassurer les habitants de cette enclave britannique au sud de l’Espagne, selon l’AFP.

L’Espagne réclame depuis des décennies ce territoire rocheux de 7 km2 qu’elle a cédé aux Britanniques en 1713 et qu’elle considère comme une colonie. « Le drapeau espagnol se rapproche du Rocher », a déclaré à l’AFP le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Garcia Margallo. « Il faudra désormais trouver quel type de relation veut Gibraltar si elle veut avoir accès au marché intérieur de l’Union européenne », a-t-il expliqué à la radio Onda Cero. La formule est celle d’une co-souveraineté britannico-espagnole pendant une période limitée, qui débouche sur la restitution de Gibraltar à l’Espagne. 

À Londres, le secrétaire d’État aux Affaires européennes David Livingston a voulu rassurer les 33 000 habitants du Rocher, qui ont voté à 96% pour le maintien dans l’UE : « Le Royaume-Uni continuera à se tenir aux côtés de Gibraltar. Nous ne passerons jamais d’accords qui feraient passer les habitants de Gibraltar sous la souveraineté d’un autre Etat contre leur gré. »

Ceuta et Melilla, l’envers du décor

Madrid ira-t-elle jusqu’au bout pour récupérer Gibraltar ? Les Espagnols savent que le statut du Rocher est fortement lié à celui des enclaves de Ceuta et Melilla que le Maroc réclame à l’Espagne, les considérant comme des « villes occupées ». En janvier 2014, le journal britannique le Daily Telegraph révélait, sur la base de documents déclassifiés du Foreign Office, que l’ancien roi d’Espagne, Juan Carlos, avait confié aux Britanniques, au début des années 1980, que Madrid ne souhaitait pas vraiment récupérer Gibraltar de peur que cela ne déclenche les revendications du Maroc sur les possessions espagnoles d’Afrique du Nord.

À chaque fois que ses relations avec son voisin ibérique vont mal, le Maroc demande la rétrocession de ces deux villes situées sur son territoire. Mais il se garde de confrontation majeure avec lui, au regard de la complexité des dossiers qu’ils gèrent ensemble dans cette région (contrebande, immigration clandestine, trafic de drogue…). Sans parler des effets néfastes qu’un conflit avec l’Espagne pourrait avoir sur la question du Sahara, qu’elle a rétrocédé au Maroc en 1976.

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