Vidéo – Patrick Muyaya : « En RDC, vous pourriez devenir président rien qu’avec les nouveaux majeurs »

Patrick Muyaya, député congolais, le 14 février 2014 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Dans la perspective des scrutins à venir en RD Congo, le député Patrick Muyaya plaide en faveur de l'enrôlement sur les listes électorales des Congolais qui ont atteint 18 ans. Un important réservoir de voix pour de potentiels candidats à la présidentielle, selon l'élu de Kinshasa.

Ne le ramenez pas sur le terrain politique lorsqu’il s’agit de l’enrôlement des nouveaux majeurs ! À bientôt 34 ans, Patrick Muyaya, l’un des plus jeunes députés congolais, n’y voit qu’une « contrainte technique » qu’il faut à tout prix résoudre si la RD Congo tient à organiser des « élections justes et inclusives ».

De passage à Paris où il est venu participer à la deuxième édition du forum économique pour le développement durable de la RD Congo, organisée le 17 juin par l’ambassadeur congolais Atoki Ileka, le jeune député, cadre du Parti lumumbiste unifié (PALU, allié de la coalition au pouvoir), est revenu pour Jeune Afrique sur la nécessité d’enregistrer sur les listes électorales les Congolais qui ont atteint 18 ans mais qui ne figurent toujours pas sur le fichier électoral.

« Le taux de natalité est de 6,3 % et que chaque année il y a au moins deux millions de jeunes qui deviennent majeurs. Il y en aura 10 millions en août de cette année (…) : dans un scrutin présidentiel à un tour, vous pourriez devenir président de la République rien qu’avec les nouveaux majeurs », décrypte Patrick Muyaya. Pour lui, « il n’y aura pas d’élections justes et inclusives en RD Congo sans enrôler les nouveaux majeurs ».


Patrick Muyaya : « Il n’y aura pas d’élection… par Jeuneafriquetv

« Plus tôt on y ira au dialogue, mieux ce sera »

En attendant, le processus électoral peine à démarrer véritablement dans le pays. Le calendrier global des élections, publié début 2015, semble désormais dépassé, aucune échéance majeure prévue n’ayant été tenue dans les délais prévus. Et le dialogue politique préconisé par le président Joseph Kabila demeure au point mort.

« Il se pose un problème de confiance entre la majorité au pouvoir et l’opposition politique », soutient Patrick Muyaya qui regrette par ailleurs que les parties prenantes n’aient pas répondu favorablement à l’appel au dialogue lancé fin 2015 par le chef de l’État congolais.

Pour cet ancien conseiller principal chargé de la communication et de la presse de l’ex-Premier ministre Adolphe Muzito, « plus tôt on y ira au dialogue, mieux ce sera ». D’autant que « ces pourparlers seront encadrés dans la mesure où le Conseil de sécurité des Nations unies a déjà adopté une résolution pour accompagner le processus », poursuit Patrick Muyaya. Avant d’appeler la classe politique congolaise à prendre ses responsabilités pour baliser la voie de la prochaine présidentielle qui sera, selon lui, « l’une des plus importantes élections de l’histoire politique de la RD Congo ».

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