Nestlé entend former 300 000 jeunes Africains en trois ans

Par - à Yaoundé

Session de formation, organisée ici par Google à Johannesburg. © Google Africa.

Le géant mondial de l’agroalimentaire offrira aussi 3 000 stages sur la même période. Il a fait cette annonce mardi, à l’ouverture de la septième édition de son Forum mondial sur la création de valeur partagée, à Abidjan.

Nestlé étend en Afrique son Initiative mondiale en faveur des jeunes, après l’avoir expérimentée en Europe et en Amérique latine. Plus de 300 000 Africains bénéficieront d’une formation qualifiante et plus de 3 000 parmi eux se verront offrir des stages et apprentissages d’ici à 2018, a annoncé le PDG de Nestlé, Paul Bulcke, à l’ouverture de la septième édition de son Forum mondial sur la création de valeur partagée, mardi 21 juin à Abidjan.

Le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire accueilleront dès cette année des programmes de développement des techniques de management d’entreprise. La formation portera aussi sur la gestion de carrière, l’entretien d’embauche ou la rédaction d’un CV. Par ailleurs, un centre de formation technique de Nestlé, similaire à celui ouvert en 2011 à Agbara, au Nigeria, débutera ses activités dans les prochains jours à Yopougon à Abidjan.

Une première sur le continent

Cette initiative s’inscrit en droite ligne avec les objectif de développement durable des Nations unies, qui visent notamment à « réduire considérablement la proportion de jeunes non scolarisés et sans emploi ni formation d’ici à 2020 », indique un communiqué diffusé par Nestlé. Or, 70% de la population du continent est âgée de moins de 30 ans. « C’est une bombe à retardement car beaucoup ne sont pas employés », rappelle Paul Bulcke.

Organisé pour la première fois en Afrique, le Forum mondial de Nestlé sur la création de valeur partagée planche cette année sur l’investissement pour le développement durable sur le continent, et réunit des personnalités comme Kofi Annan, Carlos Lopes ou le gourou américain du management, Michael Porter.

Le prix qui est associé à l’organisation de l’événement revient cette année à la start-up camerounaise Agro-Hub.  Spécialisée dans l’encadrement de près de 2 000 petits producteurs de manioc, cette PME empoche 300 000 Francs suisses (275 561 euros). Natural Extracts Industries, sa concurrente tanzanienne qui opère sur le segment du rachat et de la transformation de la vanille, du cacao et des oranges en huiles essentielles.

Déceptions africaines pour Nestlé

Nestlé, qui a investi près d’un milliard de dollars en Afrique au cours de la dernière décennie et construit plusieurs usines dans la région, misait sur une croissance exceptionnelle de ses revenus qui devaient doubler tous les trois ans selon ses prévisions. Las, les résultats attendus ne se sont pas matérialisés. En 2015, le géant agro-industriel suisse a fermé ses bureaux de représentation au Rwanda et en Ouganda

En 2014, Nestlé a réalisé un chiffre d’affaires de 91,6 milliards de francs suisses (-0,6 %), réalisé à 39,4 % en Amérique latine et en Amérique du Nord, et à 25,9 % en Europe. En Afrique, le groupe helvétique, a réalisé un chiffre d’affaires de 3,421 milliards de francs suisses (2,84 milliards d’euros au 31 décembre 2014), en hausse de 0,7 %.

Fin 2014, Nestlé comptait environ 25 « fabriques » (sites de production et centres d’emballage/distribution) sur le continent, dont 8 en Afrique du Sud, 3 en Égypte, 2 au Nigeria, en Côte d’Ivoire et en Algérie.