Crash d’EgyptAir : la seconde boîte noire a été récupérée

Par Jeune Afrique avec AFP

Un Airbus A330-300 décolle de l'aéroport Charles de Gaulle près de Paris en direction du Caire, la capitale égyptienne, le 19 mai 2016. © Christophe Ena/AP/SIPA

Un jour après la découverte de la première boîte noire de l'Airbus d'EgyptAir qui s'est abîmé en mer Méditerranée le 19 mai dernier, la seconde a été repêchée, a-t-on appris vendredi. De quoi aider les enquêteurs à faire toute la lumière sur ce drame.

Le Flight Data Recorder (FDR), qui enregistre tous les paramètres de vol, « a été repêché en plusieurs morceaux » mais les équipes de recherches ont pu récupérer « la partie la plus importante, qui contient la mémoire de l’appareil », a indiqué la commission d’enquête égyptienne dans un communiqué adressé le 17 juin.

La zone du crash

Cette découverte intervient 24 heures après celle de la boîte noire du cockpit qui retranscrivait les conversations dans la cabine de pilotage de l’Airbus A320 qui reliait Paris au Caire et qui s’est écrasé avec 66 passagers à son bord, à environ 290 km au nord de la côte égyptienne, entre la Crête et l’Égypte. Une zone où la profondeur atteint 3000 mètre maximum. 

Les deux boîtes noires ont été repêchées grâce à un navire de la compagnie française Deep Ocean Search (DOS), le « John Lethbridge ». Équipé d’un robot, il est conçu pour cartographier les fonds peut remonter des petits éléments immergés jusqu’à 6000 mètres de profondeur. 

Les deux boîtes noires vont être transférées au Caire

Les deux boîtes noires vont être transférées au Caire, où les Égyptiens, épaulés par les experts français du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) et du constructeur européen Airbus, vont analyser leurs données.

Le contenu de la première sera analysé « dans un département spécialisé du ministère de l’Aviation civile au Caire », a indiqué à l’AFP un responsable du ministère sous le couvert de l’anonymat. Mais, « si la mémoire est endommagée, on va l’envoyer à un laboratoire à l’étranger pour des analyses plus poussées ». 

À quoi servent-elles ?  

La première boîte noire, l’enregistreur de voix CVR (Cockpit Voice Recorder) fonctionne comme un magnétophone et contient généralement jusqu’à deux heures de conversations. Elle retranscrit les voix du commandant de bord et du copilote, les communications entre le cockpit, le chef de cabine et les hôtesses/stewards, mais aussi des bruits d’ambiance dans l’avion.

Pour Jean Serrat, ancien commandant de bord et consultant en aéronautique, l’analyse de la première boîte noire va permettre de répondre « à des questions extrêmement importantes ». À savoir, « est-ce que l’équipage a été surpris et n’a pas eu le temps d’agir ? Ou est-ce qu’il y a eu un phénomène important qui s’est passé à bord qui fait que l’équipage a déclenché une procédure d’urgence qui s’est ensuite mal déroulée ? Est-ce qu’il y a un bruit d’explosion ou de décompression explosive de l’avion ? ».

La seconde boîte de l’appareil (FDR) enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol (vitesse, altitude, augmentations de puissance moteur, les inclinaisons, les variations de vitesse trajectoire…).

La thèse de l’incident technique gagne du terrain

L’Égypte avait d’abord avancé l’hypothèse d’un attentat. Mais cette thèse a cédé du terrain à celle d’un incident technique. Le système de transmission automatisé de messages de l’appareil avait indiqué que 10 alarmes s’étaient déclenchées à bord, signalant de la fumée à bord avant la catastrophe.

Par ailleurs, la commission d’enquête égyptienne a confirmé lundi que l’appareil avait effectué un virage brutal à 90 degrés sur sa gauche, puis une vrille de 360 degrés à droite, avant d’entamer sa chute.

L’analyse des deux boîtes noires va permettre aux enquêteurs d’éclairer les circonstances du drame. Depuis plusieurs jours, une véritable course contre la montre s’était engagée pour tenter de les récupérer avant qu’elles ne cessent d’émettre le signal permettant de les localiser. La date fatidique était celle du 24 juin.