Libye : l’ONU autorise la force navale de l’UE à faire respecter l’embargo sur les armes

Par Jeune Afrique avec AFP

Fayez al-Sarraj, Premier ministre libyen désigné par la communauté internationale, lors d'une conférence de presse, le 30 mars 2016 à Tripoli. © AFP

Le chef du fragile gouvernement d'union nationale en Libye, Fayez al-Sarraj, a appelé mardi ses concitoyens à soutenir l'offensive pour reprendre Syrte au groupe jihadiste État islamique (EI). Une manœuvre militaire à laquelle refusent de participer les autorités contrôlant l'est du pays.

« Nous saluons les victoires remportées par nos fils dans la bataille pour la libération de Syrte. Elles méritent d’être l’exemple d’un projet national » autour duquel les Libyens doivent « s’unir », a dit le chef du gouvernement d’union (GNA) dans une allocution télévisée.

Soutien de l’ONU

Fayez al-Sarraj est soutenu avec force par l’ONU, dont le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité une résolution autorisant l’opération navale européenne au large de la Libye. Objectif : contrôler l’embargo sur les armes imposé depuis 2011 afin d’aider le gouvernement d’union libyen dans sa lutte contre les jihadistes.

Car dans les faits, la plupart des armes entrant en Libye ne vont pas au gouvernement légitime mais à son rival ou à divers groupes armés et milices.

L’EI recule mais résiste 

Installé depuis le 30 mars à Tripoli, Fayez al-Sarraj a vu sa position renforcée par les succès de l’offensive lancée le 12 mai contre l’EI, qui a permis au GNA de récupérer des territoires occupés par le groupe terroriste, dont Syrte était jusqu’à présent le fief en Libye.

Sur le terrain, les combats se poursuivent. Les forces pro-GNA ont avancé dans Syrte mais se heurtent à la résistance de l’EI. « Nos forces ont repoussé une nouvelle attaque de l’EI qui tentait de reprendre le contrôle du port », a déclaré Reda Issa, porte-parole des forces gouvernementales, affirmant que deux membres des forces loyalistes avaient été tuées.

Depuis le début, l’offensive a fait plus de 140 morts parmi les forces pro-GNA et plus de 500 blessés, selon des sources médicales. Du côté des jihadistes, dont le nombre est estimé à 5 000 en Libye, le bilan est inconnu mais est probablement très élevé.

Transformer les succès militaires en victoire politique 

La bataille de Syrte est une offensive à haut risque pour le GNA. Le défi de Fayez al-Sarraj est désormais de transformer les succès militaires des derniers jours en victoire politique. Son objectif déclaré est de faire du GNA le seul gouvernement d’une Libye unie, comme le souhaitent aussi l’ONU et la communauté internationale.

Mais il se heurte jusqu’à présent au refus des autorités basées dans l’est du pays et contrôlant la Cyrénaïque, l’une des deux grandes régions peuplées du pays, de reconnaître sa légitimité et de lui céder le pouvoir. Ces autorités considèrent les forces pro-GNA comme des « hors-la-loi ».

« Nous suivons de près les combats à Syrte (…) mais chaque chose en son temps », a déclaré un porte-parole des forces fidèles au général Khalifa Haftar, qui revendique l’autorité militaire dans l’est. Ces forces combattent depuis deux ans des groupes islamistes – dont l’EI – présents à Benghazi, la deuxième ville du pays, située à 1 000 km à l’est de Tripoli, et dans sa région.