Angelique Kidjo récompensée, lutte contre le racisme… ce qu’il faut retenir des Grammy Awards

Par Jeune Afrique

Angélique Kidjo, aux Grammy Awards, à Los Angeles, le 8 février 2015. © Frederic J. Brown/AFP

La star béninoise Angélique Kidjo a remporté dimanche à Los Angeles son second Grammy Award, celui du meilleur album de musique du monde pour "Eve", lors d'une cérémonie marquée par  plusieurs prises de position d'artistes contre le racisme aux États-Unis.

L’Afrique a été à l’honneur dimanche soir lors de la 57e cérémonie des Grammy Awards, qui s’est déroulée au Staples Center de Los Angeles. La chanteuse béninoise Angélique Kidjo a notamment remporté son second Grammy, récompensant le meilleur album de musique du monde pour son album "Eve", dédié aux femmes d’Afrique auxquelles la star a une nouvelle fois rendu un vibrant hommage. "Cet album est dédié aux femmes d’Afrique, leur beauté et leur résilience", a ainsi déclaré, émue, la chanteuse en recevant son prix. "Femmes d’Afrique, vous êtes formidables!".

"Pour moi, la musique est une arme de paix et aujourd’hui plus que jamais les artistes ont un rôle à jouer dans la stabilité du monde", a conclu Angélique Kindjo après une petite danse de joie à l’annonce de sa récompense. Kidjo, qui vit aux États-Unis depuis quelques années, est retournée au Bénin pour travailler sur "Eve" et a voyagé avec un enregistreur pour capter les rythmes et harmonies de plusieurs chœurs de femmes. Elle a également visité d’autres pays d’Afrique enregistrant au total plus de 100 femmes, dont sa mère.

"Je voulais que le monde ne voit pas les femmes africaines seulement à travers le prisme du viol et de la misère. Elles ont aussi une vie décente. Quand je suis là-bas les femmes me demandent "mais quoi, les femmes occidentales n’ont jamais de difficultés ?", a-t-elle expliqué devant les journalistes.

Kidjo avait déjà remporté un Grammy en 2007 pour l’album "Djin Djin", auquel le célèbre guitariste Carlos Santana et la star R&B Alicia Keys ont collaboré.

La chanteuse de 54 ans est par ailleurs connue pour son militantisme, notamment sa lutte contre le changement climatique et pour l’amélioration de la santé publique en Afrique de l’Ouest frappée par l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola.

Beyoncé, Pharell Williams et Prince contre le racisme

La cérémonie des Grammy a également été marquée par les prises de position de Beyoncé et de Pharrell Williams contre les violences envers les Noirs aux États-Unis

À plusieurs reprises, la cérémonie qui récompensait le meilleur de la musique a ainsi fait référence aux faits divers récents dont les Noirs ont été victimes. Pharrell Williams a interprété son tube "Happy" avec des danseurs en pulls à capuche levant leurs mains en l’air en référence à la capuche que portait Trayvon Martin, un Noir sans armes tué en 2012, qui est devenu l’un des symboles des jeunes afro-américains victimes de la violence policière.

Le geste de lever les mains, effectué à plusieurs reprises par les danseurs, est également un clin d’oeil au slogan "Hands up, Don’t shoot" (mains en l’air, ne tirez pas) des manifestations du mouvement Black lives matter (les vies des Noirs comptent). Un geste également repris en fin de cérémonie par les danseurs de la star du R&B, Beyoncé. Le chanteur Prince, en remettant le prix du meilleur album, avait auparavant lui aussi lancé : "les albums comptent encore, comme les livres et les vies des Noirs".

De nombreuses manifestations s’étaient tenues partout aux États-Unis pour protester contre la mort l’an dernier d’Eric Garner et de Michael Brown, deux Noirs sans armes tués par des policiers blancs.

(Avec AFP)

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