Procès Pistorius : en larmes, le père de Reeva Steenkamp témoigne à la barre

Barry Steenkamp assiste au procès d'Oscar Pistorius, accusé du meurtre de sa fille, le 13 juin 2016, à Pretoria. © Phil Magakoe/AP/SIPA

C'est sans doute le témoignage le plus attendu du procès en appel d'Oscar Pistorius devant la Haute Cour de Pretoria, qui a débuté en début de semaine.

Très ému, les mains tremblantes, mais déterminé, Barry Steenkamp se tient à la barre, mardi 14 octobre. « Oscar doit payer pour ce qu’il a fait », a répété plusieurs fois l’homme de 73 ans, dévasté par la mort de sa fille Reeva Steenkamp, tuée pendant la nuit de la Saint-Valentin 2013 dans la propriété du champion paralympique sud-africain, de 4 balles de gros calibre à travers la porte des toilettes.

L’ancien éleveur de chevaux n’était pas au courant de la relation entre sa fille et l’ancien athlète sud-africain. « Elle me l’aurait dit lorsqu’elle aurait jugé que c’était le bon moment », a-t-il expliqué, sachant que lui et sa femme avait régulièrement de ses nouvelles par téléphone.

Personnellement, je pense qu’il y a eu une dispute ce soir-là

« Personnellement, je pense qu’il y a eu une dispute ce soir-là », a-t-il poursuivi, trop ému pour évoquer dans le détail les circonstances dans lesquelles il a appris la mort de sa fille, par un coup de téléphone de sa femme.

« Ce qu’elle a dû endurer pendant cette fraction de secondes. Elle a dû avoir tellement mal et tellement peur. J’y pense tous les jours », a-t-il ajouté, au bord des larmes. « Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu ». « Vous pensez qu’après plusieurs années, vous irez mieux, mais ma vie de tous les jours reste la même », a poursuivi Barry Steenkamp, qui, trop fragile, n’avait pas pu assister au procès en première instance d’Oscar Pistorius.

Celui-ci, condamné en octobre 2014 à cinq ans de prison pour homicide involontaire en première instance, puis en décembre 2015 devant la Cour suprême d’appel pour meurtre avec préméditation, avait saisit la Cour constitutionnelle pour essayer de faire invalider cette dernière sentence. Mais cette dernière avait rejeté sa requête en mars dernier. Alors qu’il encourt désormais jusqu’à 15 années de prison, il doit connaître cette semaine sa peine définitive. De nombreux juristes tablent sur une peine de 8 à 12 ans.