Burkina : les employés des boulangeries continuent leur grève

Par Jeune Afrique avec AFP

Des femmes manifestent à Ouagadougou pour de meilleurs revenus et conditions de travail le 10 juin 2016. © Ahmed Ouoba/AFP

Le Syndicat national des boulangers et pâtissiers du Burkina (FNBPB) continue son mouvement de grève entamé jeudi dernier, a rapporté lundi l'AFP.

Les employés des boulangeries en grève exigent la signature d’une convention collective « négociée depuis un an que les patrons refusent de signer ».

Cette convention prévoit notamment une augmentation de 25% de la rémunération des boulangers, « en sus d’autres primes qui pourraient donner une augmentation cumulée d’environ 50% », explique Konoba Traoré, président du FNBPB.

Dialogue de sourds

Les employés des boulangeries burkinabè dénoncent des salaires dérisoires : 34 000 FCFA mensuels en moyenne, soit 50 euros. « Le boulanger qui fabrique le pain ne gagne pas son pain », commente ainsi ironiquement le président du syndicat.

« Depuis mars 2015, nous sommes en négociation pour cette convention collective », regrette le porte-parole du FNBPB qui s’est indigné du « volte-face » de ses interlocuteurs.

Augustin Bambara, secrétaire général de l’Union des fondateurs des boulangeries du Faso (UFBF), regroupant plus de 60% des employeurs, s’inquiète quant à lui des conséquences de la signature de cette convention, qui provoquerait selon lui une augmentation du prix du pain. « Personnellement, je comprends les travailleurs. Mais nous n’y sommes pour rien. Notre syndicat est prêt à aller signer ce document », assure-t-il.

Réintégration des collègues licenciés

 

Dès le second jour de grève (vendredi matin), les boulangers de Ouagadougou ont organisé une marche jusqu’aux locaux du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale où ils ont déposé la liste de leurs revendications. Outre les demandes d’augmentation salariale, le FNBPB demande la réintégration de près de 2000 de leurs collègues licenciés au cours des dix-huit derniers mois.

Les marcheurs ont été accueillis par Koudbi Sinaré, le secrétaire général du ministère du Travail. « Le ministre est absent. Il est en mission. Mais il me charge de vous assurer de toute sa disponibilité à poursuivre les négociations » a-t-il expliqué aux grévistes.

Pénurie de pain

Mais en ce début de semaine, les fours à pain sont toujours éteints dans la capitale burkinabé où deux millions d’habitants consomment chaque jour près de cinq millions de baguettes.

Il n’y a plus de pain dans les localités de Ouahigouya, Kaya, Tenkodogo (nord), Koudougoun, Banfora (ouest) et dans la capitale, Ouagadougou, où « la grève est suivie à 100% ». Le pain manque moins à Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina, où la grève n’est que « partiellement suivie », selon le porte-parole du FNBPB.

L’absence de pain est un problème majeur dans cette période du ramadan pour les musulmans burkinabè qui représentent 60% de la population, mais aussi pour les petits commerçants locaux.