Défense

L’Érythrée accuse l’Éthiopie d’une attaque à la frontière entre les deux pays

Yemane Gebreab, conseiller spécial du président érythréen, se justifiant des accusations de violations des droits de l'Homme par son pays face aux membres de l'ONU à Genève, le 8 juin 2016 © Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA

Le gouvernement érythréen a accusé l’Éthiopie d’une attaque à la frontière, rapporte l’AFP ce lundi. Addis-Abeba affirme de son côté ne pas être au courant de ces heurts.

Le ministère de l’information de l’Érythrée a annoncé une attaque des forces éthiopiennes sur le front de Tserona (sud du pays) ce dimanche, dans un communiqué cité par l’AFP. « À notre connaissance, il n’y a pas d’affrontements », a rétorqué Getachew Redda, porte-parole du gouvernement éthiopien.

D’après le communiqué du ministre érythréen, « le but et les motivations de cette attaque ne sont pas connus », mais il assure qu’il « continuera de publier des informations sur les développements de la situation ».

Un bilan inconnu

Les accusations de l’Érythrée n’ont pas été confirmées par des sources indépendantes. Cependant, des formations de l’opposition érythréenne en exil ont relayé des informations sur leurs sites Internet quant à des combats le long de la frontière, sans préciser s’il y a eu des victimes.

Le site Awate.com a expliqué que l’attaque aurait eu lieu dimanche matin peu après minuit, et ajoute qu’il est « rare » que l’Érythrée accuse ouvertement l’Éthiopie pour de tels faits. De son côté, le site Asmarino a relayé un communiqué de militants d’opposition qui appellent à la retenue face à la perspective inconcevable d’une nouvelle guerre.

Escalade de violences

La frontière entre ces États est régulièrement un sujet de conflit et depuis la séparation des deux territoires en 1991, les gouvernements éthiopien et érythréen s’accusent mutuellement d’attaques ou de soutenir des rébellions chez le voisin. Ce fut le cas en février dernier : Addis-Abeba avait accusé l’Érythrée d’être derrière l’organisation d’une manifestation antigouvernementale dans la capitale éthiopienne, brutalement réprimée par les autorités locales.

La ville de Badme à la limite entre les deux territoires a été attribuée aux autorités érythréennes par une commission de délimitation des frontières soutenues par les Nations unies. Mais cette localité est toujours occupée par les forces éthiopiennes.

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