RD Congo – Affaire Katumbi : l’Américain Darryl Lewis a été « remis » à l’ambassade des États-Unis

Moïse Katumbi à Lubumbashi le 11 mai 2016. Huit jours plus tard, l'opposant était inculpé pour atteinte à la sûreté de l'État. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Plus d'un mois après son arrestation à Lubumbashi et sa détention à l'ANR, l'Américain Darryl Lewis, soupçonné d'être un "mercenaire" au service de l'opposant Moïse Katumbi, va être expulsé du territoire congolais, selon une source proche de la présidence de la RD Congo. Une information confirmée mercredi par le Parquet général de la République.

L’Américain Darryl Lewis « a été mis à disposition de M. l’ambassadeur des États-Unis en RDC pour qu’il puisse retourner dans son pays », a déclaré devant la presse, mercredi 8 juin, Victor Mumba, premier avocat général de la République à la sortie d’une réunion du Parquet général avec les représentants diplomatiques américains et les avocats de l’opposant Moïse Katumbi.

Plus tôt dans la matinée, une source proche de la présidence de la République avait confié à Jeune Afrique que « Darryl Lewis [était] déclaré persona non grata en RD Congo et [devait] quitter le territoire congolais dès ce soir ».

L’enquête va se poursuivre, selon le Parquet

« Le retour dans son pays ne signifie pas que le dossier est clos pour autant », a souligné l’avocat général, annonçant la mise en place d’une « commission rogatoire internationale ».

Dans la foulée, James C. Swan, ambassadeur américain, s’est dit « heureux d’apprendre que M. Darryl Lewis sera en mesure de rejoindre sa famille aux États-Unis », rappelant que l’implication de l’ambassade américaine dans cette affaire dite de suspicion de recrutement de mercenaires étrangers « a été essentiellement de nature consulaire ». « Nous remercions le gouvernement congolais d’avoir respecté l’obligation de permettre à notre ambassade de rendre [à Darryl Lewis] des visites consulaires lors de sa détention », a-t-il ajouté.

Sa mère hospitalisé pour un AVC

Me Azarias Ruberwa, principal avocat du suspect américain, a quant à lui pris acte, au nom de toute la défense, de la décision de la justice congolaise de « confier » Darryl Lewis à son ambassadeur pour son retour aux États-Unis. « Comme avocat, nous ne pouvons que nous féliciter pour ce résultat parce que cet homme a connu la mort de son grand-frère et sa mère est hospitalisée (elle a connu un AVC du fait de son arrestation) », a expliqué Me Azarias Ruberwa.

Darryl Lewis et trois autres Congolais ont été arrêtés à Lubumbashi le 24 avril lors d’un meeting de l’opposant Moïse Katumbi, dispersé à coup de gaz lacrymogènes. Dès le lendemain, ces quatre proches de l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga étaient transférés à Kinshasa.