Cinéma : quatre comédies françaises sur l’immigration… à voir ou à revoir

Par Jeune Afrique

Bienvenue à Marly-Gomont. © Capture d'écran YouTube

À l’occasion de la sortie du film Bienvenue à Marly Gomont, qui retrace la vie d’une famille immigrée venue de Kinshasa en France au milieu des années 1970, nous avons essayé de trouver les quelques comédies françaises réussie qui traitent de l’immigration. La chose n’est pas facile !

Travailleurs africains traqués, police française zélée

En 1986 le réalisateur français Thomas Gilou (La vérité si je mens !) livre son premier long, Black Mic Mac. Un film qui fait date, puisqu’il est l’un des premiers films français à s’attaquer frontalement au sujet, déjà d’actualité, des expulsions de travailleurs africains. Et de dénoncer le zèle des fonctionnaires français dans cette tâche. Peu de casting français, si ce n’est aucun, n’auront mis en avant autant de talents africains ou d’artistes noirs en avant : Isaach de Bankolé, Lydia Ewandé, Félicité Wouassi, Pascal Légitimus, Sotigui Kouyaté, Sidy Lamine Diarra, Djo Balard, Pascal Nzonzi ou encore Mory Kanté pour ne citer que les plus connus.

Quant à l’histoire, elle est signée par une plume africaine, celle du scénariste/réalisateur guinéen Cheick Doukouré (Bako l’autre rive, Blanc d’ébène, Paris selon Moussa, Le Ballon d’or). Dans une interview accordée en 2008 au Festival international du film d’Amiens, ce dernier, lui même arrivé en France de manière illégale en passant par les Canaries au péril de sa vie, s’affirmait comme cinéaste de l’immigration : « Depuis le voyage dramatique que je relate dans Bako, l’autre rive, je n’ai eu de cesse de dénoncer la situation faite aux immigrés. Je suis content de contribuer à dénoncer cette situation en Afrique et en Europe. Les torts ne sont pas à chercher uniquement du côté européen, on doit aussi comprendre qu’ils viennent du continent africain (…) Bako, l’autre rive, s’adresse aux Africains qui sont arrivés en France dans les années soixante, je m’adresse à eux, il est temps de rentrer au pays avec toutes les expériences et bagages acquis en Europe. »

Black Mic Mac, de Thomas Gilou (1986) avec Jacques Villeret, Isaach de Bankolé, Félicité Wouassi…

Chasse aux clandestins, Kaurismäki dénonce sans faire pleurer

Ici nous trichons un peu, car le réalisateur, Aki Kaurismäki, est finlandais. Mais pour Le Havre, petit bijou cinématographique, il a choisi de planter son décor en France. L’histoire est celle d’un écrivain bohème, qui a décidé de devenir cireur de chaussures. Mais le hasard fait qu’il se trouve en mesure de porter secours à un jeune garçon, fraîchement débarqué, dont la famille à été arrêtée par la police. Ici pas de pathos, mais un récit qui choisit la voie de la légèreté et de l’humour pour traiter de cette thématique délicate et douloureuse.

>> Lire notre critique au moment de la sortie du film

>> Le Havre, de Hari Kaurismäki (2011), avec André Wilms, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin.

Méthodes du bled

La comédie de Rachid Dhibou est certainement l’une des plus mésestimées de ces dernières années. Halal police d’État souffre bien évidemment de beaucoup de défauts et s’approche à bien des égards de la série des Charlots. Mais il faut lui rendre honneur, car elle se regarde très bien, et délivre quelques messages subliminaux politiquement incorrects. Si le sujet traité est n’est pas directement celui de l’immigration, – plutôt celui de la rivalité, burlesque, entre la France et l’Algérie – la thématique resurgit tout comme celle de la colonisation.

Ainsi, le personnage incarné par Éric Judor, « Le kabyle », est moqué par ses collègues de la police algérienne en raison de son incapacité a s’exprimer en arabe. En effet, il ne parle plus que le français, depuis qu’il a été en contact avec des extraterrestres. Quant à l’histoire : deux policiers algériens, incarnés par le duo Eric et Ramzy, sont envoyés en France pour aider la police française à arrêter un serial killer qui sévit dans les épiceries de Barbès.

>> Halal police d’État, de Rachid Dhibou (2011), avec Eric Judor et Ramzy Bédia.

Douce France

En 2006, le chanteur Kamini faisait l’un des premiers buzz français avec sa chanson Marly-Gomont où il racontait avec humour le quotidien d’une jeune noir dans un petit village français de Picardie. Dix ans après, cette histoire est portée au cinéma par Julien Rambaldi, avec, au casting, Marc Zinga, Aïssa Maïga (en interview dans Jeune Afrique n°2891 en kiosque le 5 juin) et Jonathan Lambert. Le film raconte l’histoire de Seyolo Zantoko, médecin de Kinshasa, qui saisit en 1975 l’opportunité d’occuper un poste de médecin de campagne dans un petit village français. Mais l’excitation d’une nouvelle vie se dissipe vite lorsque la famille pose ses valise à Marly-Gomont, où personne n’a jamais vu de Noirs avant… Il s’agira alors pour tous les membres de la famille de déjouer les pièges tendus par le racisme ordinaire.

>> Bienvenue à Marly Gomont, en salle le 8 juin. De Julien Rambaldi, avec Marc Zinga, Aïssa Maïga et Jonathan Lambert.

 

 

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici