CAF : Issa Hayatou, président à vie ?

Issa Hayatou, président de la CAF depuis 1987. © Sia Kambou / AFP

Le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) souhaite supprimer la règle qui limite à 70 ans l’âge de ses dirigeants. Cette annonce intervient à deux ans de la fin du mandat de son président, Issa Hayatou, âgé aujourd'hui de 68 ans.

"La Fifa n’a plus de limite d’âge pour les membres de son comité, la CAF souhaite ainsi aligner son règlement" sur celui de la Fifa, a affirmé le 10 février à Malabo (Guinée équatoriale) Kwesi Nyantaki, membre ghanéen du comité exécutif de la CAF. Suffisant pour que les détracteurs de l’institution parlent d’une manœuvre pour offrir un huitième mandat en 2017 à l’actuel président Issa Hayatou.

Un règne sans partage

Né en 1946 à Garoua au Cameroun, Issa Hayatou a d’abord pratiqué l’athlétisme et le basket-ball de haut niveau avant de s’intéresser au football. Professeur d’éducation physique et sportive, il devint en 1974 directeur des Sports au ministère de la Jeunesse et des Sports du Cameroun, puis président de la Fédération de football en 1986. Un an après, il sera porté à la tête de la CAF, poste qu’il occupe depuis lors interruption. Sous sa présidence, l’institution se développe et devient très influente sur le continent.

Mais Hayatou règne en maître sur le football africain et fait taire toutes les velléités de contestation au sein de l’institution. L’Ivoirien Jacques Anouma, longtemps pressenti pour succéder au Camerounais, en sait quelque chose. En septembre 2012, une modification des conditions d’éligibilité à la tête de la CAF l’avait écarté de la course. Hayatou restera seul en lice et sera élu pour son septième mandat à Marrakech (Maroc) en mars 2013.

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Un bilan mitigé à la tête de la CAF

Issa Hayatou pourrait donc rempiler en 2017 pour un huitième mandat à la tête du football africain en cas de suppression de la limite d’âge. Pour cela, il compte sur les progrès réalisés sous sa présidence. Le nombre d’équipes africaines engagées en Coupe du monde est passé de deux avant 1994, à cinq à partir de 2010. L’Afrique a organisé en 2010 sa première Coupe du monde en Afrique du sud et les finances de la CAF se portent bien, notamment en raison des droits de retransmission des compétitions.

Ces dernières années, la CAF et son président ont été au centre de nombreuses affaires de corruption ainsi que de polémiques. Comme en janvier 2010 : le bus de l’équipe du Togo est mitraillé par des indépendantistes du Cabinda ce qui contraint l’équipe togolaise, dont deux joueurs ont perdu la vie, de se retirer de la compétition. La CAF sanctionnera alors contre attente le Togo pour les éditions 2012 et 2013. Après les critiques et sous la pression de la Fifa, Hayatou annulera la sanction.

L’organisation de la CAN 2015 a été une autre épreuve pour la CAF et son président, notamment en raison des sanctions infligées au Maroc pour avoir demandé un report de la compétition et les différentes polémiques liées à l’arbitrage.

Issa Hayatou quant à lui, se défend régulièrement de toute tentation de présidence à vie, mais demande qu’on lui donne le temps d’ achever les multiples chantiers en cours pour le bien du football africain. 

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