Mozambique : la monnaie plonge, tirée par les craintes d’un défaut de paiement

Par Jeune Afrique - avec Reuters

Le 12 août, le rand a atteint son plus bas niveau face au dollar en 14 ans. © Xinhua/Zuma/REA

Le metical mozambicain s'échangeait à 60 unités pour un dollar mardi - moitié moins que début 2015 - après qu'une société d'État n'a pas honoré le remboursement de 178 millions de dollars d'un prêt qui lui avait été octroyé par la banque russe VTB.

Le Mozambique, dont la dette est passée de 37,6 % du PIB en 2011 à 61 % l’année dernière, s’apprête- t-il à faire défaut ? Après la découverte mi-avril de l’existence d’environ un milliard de dollars de dettes non intégrées dans les statistiques officielles, qui a entraîné la suspension des aides du FMI et de la Banque mondiale, c’est au tout d’une société d’État de faire monter les inquiétudes d’un cran supplémentaire.

La Mozambique Asset Management (MAM), société d’État créée pour la construction d’un chantier naval à Pemba, dans le nord, n’a pas honoré le 23 mai un remboursement de 178 millions de dollars dû à la banque russe VTB au titre d’un prêt de 500 millions de dollars qu’elle lui avait octroyé. Conséquence immédiate : le metical, la monnaie nationale, plonge mardi 31 mai pour tomber à 60 meticals contre un dollar. Ce taux était de 33 meticals pour 1 dollar au 1er janvier 2015 et 29 meticals pour 1 dollar un an plus tôt.

Un prêt garanti par l’État

Le prêt accordé à MAM a été garanti par l’État du Mozambique et s’ajoute à un échange d’obligations, opéré le 6 avril 2016, sur la dette de l’entreprise publique Empresa Mocambicana de Atum (Ematum), spécialisée dans la pêche de thon.

Ce qui avait amené l’agence Moody’s à dégrader la note souveraine du Mozambique, passée le 16 avril de B3 à Caa1, de la catégorie des obligations dites « hautement spéculatives » à celles comportant des « risques substantiels ».

Fin 2015, la dette du Mozambique était estimée à 66,7 % du PIB et 222,4 % des recettes publiques (contre 53,2 % du PIB et 158 % des recettes en 2014), selon les estimations de Standard & Poor’s. La dette du pays devrait dépasser 100 % de son PIB cette année.

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