La BAD veut accélérer son programme pour la « transformation de l’Afrique »

Cérémonie d'ouverture du Africa CEO Forum en mars 2016 à Abidjan (Côte d'Ivoire). Discours d'Akinwumi A. Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD). © Jacques Torregano/Divergence/AFRICA CEO FORUM/Jeune Afrique

La Banque africaine de développement a annoncé la création d'un comité spécial constitué d'experts de haut niveau en vue d'accélérer la mise en œuvre de sa stratégie 2013-2022. De fait, un travail d'harmonisation est attendu avec les Objectifs du développement durable et les priorités fixées par Akinwumi Adesina, le nouveau patron de la Banque africaine de développement.

La Banque africaine de développement a annoncé le 25 mai, en marge de ses assemblées annuelles tenues à Lusaka (Zambie), la constitution d’un « comité spécial » chargé de formuler des recommandations sur la mise en oeuvre du plan décennal de l’institution panafricaine.

Co-présidé par le Ghanéen Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU et actuel président de l’Africa Progress Panel, et Horst Kohler, ancien président de la République fédérale d’Allemagne, ce comité doit aider la BAD à « accélérer la mise en œuvre de la Stratégie décennale de la Banque », selon un communiqué.

Harmonisation et coordination

Les recommandations de ce conseil de sages seront utiles à la banque panafricaine dans son important effort d’harmonisation et de coordination des objectifs énoncés dans sa « Stratégie décennale » 2013-2022, sous la présidence du Rwandais Donald Kaberuka, avec d’une part ceux adoptés dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD – adoptés en 2015) et, d’autre part, les « cinq grandes priorités » de la BAD formulées par son nouveau président par le Nigérian Akinwumi Adesina, à sa tête depuis septembre dernier.

La Stratégie décennale (SD) de la BAD, intitulée « Au cœur de la transformation de l’Afrique », est axée sur deux objectifs : la croissance inclusive et la transition vers une croissance verte, poursuivis à travers cinq « priorités opérationnelles » : développement des infrastructures, intégration économique régionale, développement du secteur privé, gouvernance et responsabilisation et qualifications et technologies.

Adoptés au Sommet sur le développement durable de 2015, les ODD ont pris la suite des Objectifs du millénaire de développement. Ils fixent 17 objectifs mondiaux pour « mettre fin à la pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice, et faire face au changement climatique d’ici à 2030 ».

Les « cinq grandes priorités » énoncées par Akinwumi Adesina à son accession à la présidence de la BAD sont : « Éclairer l’Afrique, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des populations en Afrique ».

Comme le montre le graphique ci-dessous, des passerelles existent entre ces trois « programmes ». Toutefois, l’harmonisation de la Stratégie décennale de la BAD, en tenant compte des ODD et des priorités fixées par Akinwumi Adesina, ne sera pas aisée.

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Vue du Cadre strategique de la Banque africaine de développement. © www.afdb.org

Aussi, le Comité spécial lancé mercredi est appelé à se réunir encore trois fois au cours des dix prochains mois pour « examiner des enjeux cruciaux – volonté politique et réformes de l’économie politique », nécessaires au déploiement de la stratégie et des priorités de la BAD.

Des experts de haut niveau

Ce comité rassemble une palette impressionnante d’experts parmi lesquels : la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne ministre des Finances et conseillère de la banque d’affaires Lazard, le Sud-Africain Trevor Manuel, ancien ministre des Finances et de la Planification, conseiller principal de Rothschild Group, le professeur ghanéen K. Y. Amoako, ancien secrétaire exécutif (1995-2005) de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies et président du Centre africain pour la transformation économique (ACET), le Britannique Sir Paul Collier, directeur de la Faculté d’économie de l’université d’Oxford, l’Américain Jay Ireland, PDG de General Electric pour l’Afrique et membre du Groupe consultatif présidentiel en faveur du commerce en Afrique, mis en place par Barack Obama en août 2014, ainsi que le Chinois Justin Yifu Lin, ancien économiste en chef de la Banque mondiale (2008-2012), professeur et doyen honoraire de l’université de Pékin, et le prix Nobel d’économie 2001 Joseph Stiglitz.

Les recommandations de ce Comité « feront l’objet d’un rapport de haut niveau qui sera adressé aux chefs d’État du continent et d’ailleurs, aux responsables des institutions bilatérales et multilatérales, aux directeurs généraux d’entreprises privées et à d’autres décideurs, afin d’unir toutes les parties prenantes dans un effort commun de transformation de l’Afrique », indique la BAD dans son communiqué.