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Catastrophes naturelles : la BAD signe avec l’assurance panafricaine de gestion des risques ARC

La mutuelle veut apporter une réponse financière et logistique plus souple aux catastrophes naturelles. © Ajit Solanki/AP/SIPA

En marge des assemblées générales annuelles que tient la Banque africaine de développement (BAD) à Lusaka en Zambie, un accord de principe a été trouvé entre l'institution et l'African Risk Capacity (ARC), la mutuelle d'assurance fondée par 26 États africains en 2012 avec l'objectif de couvrir, à échéance 2020, 30 pays et 160 millions d'Africains contre les risques de sécheresse, d'inondation ou de cyclone.

L’African Risk Capacity (ARC), la mutuelle panafricaine de gestion des risques climatiques mise sur pied par l’Union africaine en 2012 avance petit à petit vers son objectif de pouvoir répondre à hauteur de 1,5 à 2 milliards de dollars aux risques de sécheresses, d’inondations ou de cyclones de 30 pays et 160 millions d’Africains à échéance 2020.

Accords avec la BAD et la Cima

À Lusaka, où elle tient ses 51e assemblées générales annuelles, la Banque africaine de développement (BAD) lui a, à son tour, montré son soutien. Celle-ci et l’ARC y ont signé une lettre d’intention qui « marque leur intention de collaborer dans les domaines de la planification, la préparation et la réponse aux événements météorologiques et aux catastrophes naturelles », selon un communiqué rendu public au sortir d’un débat sur le financement des catastrophes naturelles et des changements climatiques.

Parallèlement, un protocole d’entente a été bouclé entre l’ARC et la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (Cima). Il prévoit « la formation par la Cima des assureurs des États membres de l’ARC », « l’établissement de groupes de travail commun pour étudier et mettre en œuvre les stratégies liées aux couvertures de risque basé sur un indice météorologique » et « la promotion des produits d’assurance basés sur des indices climatiques », selon ce même communiqué.

L’objectif de l’ARC lors de sa fondation en tant qu’institution financière indépendante par 26 pays africains, en 2012, était d’offrir une alternative aux donations internationales en faisant sortir la gestion des catastrophes climatiques du seul giron de l’État.

Un outil voulu plus réactif

« Les marchés financiers internationaux peuvent gérer le risque beaucoup mieux », selon la présidente du conseil d’administration de l’ARC, Ngozi Okonjo-Iweala, la très emblématique ancienne ministre des Finances nigériane, dans une tribune au Guardian le 7 octobre 2015.

La branche opérationnelle de la mutuelle panafricaine, l’ARC Ltd, a été financée à hauteur de 200 millions de dollars par la banque de développement allemande KfW et par le Département du développement international du Royaume-Uni (DFID) en 2014.

Jusqu’à présent, sept pays africains – le Niger, le Sénégal, la Gambie, le Mali, le Malawi, la Mauritanie et le Kenya – ont souscrit à l’assurance contre la sécheresse de l’ARC Ltd. Des assurances contre les cyclones tropicaux puis contre les inondations doivent suivre.

« Lorsqu’en septembre 2014 des satellites ont détecté un déficit significatif de pluviométrie au Sahel, le Sénégal, la Mauritanie et le Niger ont pu faire appel à l’ARC pour déterminer le plus finement possible les aires qui seraient les plus durement touchées […] et mettre à jour leur plan de réponse. En janvier, l’ARC avait déboursé 26 millions de dollars alors qu’un appel onusien à l’aide était toujours en cours d’élaboration. L’argent, utilisé pour acheter du fourrage aux bêtes et des denrées alimentaire de base a bénéficié à 1,3 million de personnes », détaillait Ngozi Okonjo-Iweala dans sa tribune au Guardian.